Serpolet (Thymus serpyllum) - Le Thym sauvage

Serpolet (Thymus serpyllum) – Le Thym sauvage

Pour les insectes butineurs, le serpolet sauvage (Thymus serpyllum) appelé au thym serpolet est une source de nourriture incontournable. Il est du genre Thymus et de la famille des Lamiaceae. Lors de sa floraison en forêt de Fontainebleau, les papillons ne s’y trompent pas quand ils se dirigent vers cette vivace sauvage. Voyons quel rôle cette plante aromatique joue dans les milieux chauds et ensoleillés. En effet, plutôt que la voir sous le biais culinaire, je préfère l’envisager comme contributeur à la vie des insectes.

Description

De type couvrant, cette plante donne de petites fleurs roses. Elle peut former des touffes denses isolées sous forme d’îlots. La hauteur de cette plante aromatique est comprise entre 5 et 30 cm.
Les tiges s’étalent un peu comme des lianes formant un tapis végétal assez dense. Les feuilles opposées sont ovales et longues de 4 à 6 mm. À l’extrémité du pédoncule, la disposition des fleurs est de type ovoïde.

Serpolet (Thymus serpyllum)

Habitat

Elle pousse sur des sols calcaires et dépendants d’une très bonne luminosité. Pour le climat, ses besoins se résument à un peu de chaleur avec une humidité relative. Le sol doit être un peu acide, sec, pauvre en nutriment. En forêt de Fontainebleau, on l’observe régulièrement sur les sols sableux. Généralement, elle pousse sur les chemins larges et lumineux ainsi que dans les grandes plaines intraforestières près de prairies sèches, sur des pentes ou des zones de landes.

 

Période de floraison

Dans la partie nord de la France, comme en Île-de-France, la floraison est étalée entre mai et août. C’est en tous cas, le constat que je fais d’après mes observations sur le terrain.

Les insectes attirés par le serpolet sauvage

Quand arrive l’été, la nature produit quantité d’insectes butineurs qui profiteront de cette source de nourriture fournie par cette plante. En échange, ils polliniseront ces fleurs sauvages pour assurer leur reproduction et donc leur survie. Quand on pense aux fleurs, les premiers auxquels on pense, ce sont les papillons. C’est vrai qu’ils sont indissociables ! Mais d’autres visiteurs se plaisent à les butiner. Par exemple, il y a la Scolie hirsute ou le Bembex à rostre comme le montrent les photos ci-dessous.

Scolie hirsute sur le serpolet sauvage en forêt de Fontainebleau
Scolie hirsute
Bembex à rostre (Bembis rostrata) butinant Thymus serpyllum en forêt de Fontainebleau
Bembex à rostre
Souci (Colias crocea) butinant Thymus serpyllum en forêt de Fontainebleau
Le Souci

Ces quelques plans de Thymus serpyllum attirent plusieurs dizaines d’espèces de papillons des milieux ouverts sans compter tous les diptères. Discrètement, cette petite plante des sables aura aidé toute l’entomofaune locale en lui offrant son nectar comme offrande de bienvenue.

Ainsi, le serpolet sauvage (comme j’aime à l’appeler) fait partie des 5 plantes vivaces à fleurs indispensables au maintien des insectes en milieux forestiers. La prochaine fois que vous en verrez, pensez à tous les services qu’elles rendent à la nature, aux associations heureuses qui nous donnent à les observer année après année. Ne les cueillons pas, mais laissons-les au sol à qui elles appartiennent.

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11 commentaires

  1. Bonsoir,

    à preuve du contraire, Thymus serpyllium existe bel et bien, dixit Flore sauvage du département 77, monsieur au ton professoral, révisez vos classiques
    après très difficile à distinguer les différents espèces
    merci Djamal pour ce blog,

  2. Bonjour,
    Désolé, Il ne s’agit pas de Thymus Serpyllum. Cette espèce n’existe pas en Ile de France. Il s’agit soit de Thymus pulegioides soit de Thymus praecox subsp. ligusticus ou de l’hybride des deux. Mais les propriétés de toutes des espèces sont certainement les mêmes.

  3. Bonjour Djamal
    Vous ne pouvez imaginer à quel point j’apprécie votre regard sur les plantes sauvages, les insectes, les oiseaux etc….
    Vous proposez des livres sur différents papillons ascalaphes etc …
    Comment retrouver ces livres sur votre site pour vous les commander ?
    Merci Djamal de me faire partager votre passion

  4. Gabrielle Huegli-Jobin

    Merci Djamal, cette petite fleur que tu nous envoies arrive à point pour nous souhaiter une bonne année. Meilleurs voeux à toi aussi.

  5. Bonjour Djamal,

    Merci, j’ai appris grâce à ton article, que le serpolet vivait dans un terrain plutôt légèrement acide, c’est pourquoi dans mon jardin, malgré l’écrasant soleil estival, il ne peut prospérer et offrir aux insectes le nectar nécessaire…
    Très jolies photos, et commentaire intéressant et instructif.
    Bonne fin d’année et au plaisir de lire ton prochain article.
    Amicalement.
    Brigitte.

  6. Bonjour Djamal,

    Merci pour ces belles photos illustrant un commentaire très intéressant.

    Je savais qu’il y avait du serpolet en Seine-et_Marne quand j’étais jeune.
    Je connaissais un endroit où il y en avait beaucoup, à l’orée d’un bois.
    Cependant je n’avais pas compris que c’était en fait une espèce de thym. Je trouvais que cela sentait bon,et j’appelais ça « une sorte de Marjolaine ».

    Et j’ignorais encore plus l’activité et les espèces d’insectes associés.

    Cet article m’a beaucoup appris et la plante est très bien photographiée.

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