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Perruche à collier (Psittacula krameri) - Oiseau vert (Pixabay)

La perruche à collier arrive dans le sud Seine et Marne

Voilà quelques années, j’ai été survolé par une perruche à collier (Psittacula krameri), oiseau vert élancé, sans être sûr de mon observation à l’époque. Courant 2018, à côté du Lycée Simone Signoret à Vaux-le-Pénil, j’ai repéré un groupe de Psittacidés bruyants dans les gros arbres du parking attenant. Mais qu’en est-il fin 2019 de la progression de ces oiseaux exotiques dans le sud-est de l’Ile de France ?

À quoi ressemble la perruche à collier ?

Psittacula krameri est oiseau à bec crochu de couleur rouge. Son plumage est uniformément vert tendre, un peu comme le feuillage d’un arbre au printemps. Un collier foncé encercle son cou. Les pattes sont celles d’un oiseau grimpeur avec 2 doigts à l’avant et 2 à l’arrière. Il possède une longue queue presque de la taille de son corps. Combien mesure la perruche à collier ? Sa taille est d’environ 40 cm, ce qui en fait une espèce de grande taille comparativement à la faune aviaire des bois.

 

Comment reconnaître un mâle d’une femelle ?

Le dimorphisme sexuel de ces grandes perruches est marqué chez le mâle par une bavette noire sous le bec. Un collier de la même couleur fait le tour de la tête. La nuque est marquée d’une fine bande rouge.

Comportement

J’ai souvent remarqué 3 à 6 individus ensemble, perchés ou en vol. Les perruches sont des oiseaux grégaires qui ont besoin de la proximité de leur congénère. Leur présence ne passe pas inaperçue. Leurs cris caractéristiques s’entendent en vol. D’ailleurs, j’en ai souvent vu passer le matin avant 8 heures se dirigeant vers les zones de nourrissage.

Aspect en vol

La perruche à collier à un vol rapide et direct. Si je devais décrire l’aspect de la silhouette de ces oiseaux verts, je dirais qu’ils ressemblent à une arbalète tendue vue de dessous. Les ailes ont la même courbure et le manche représente la longue queue. Le plumage vert les distingue des oiseaux sédentaires et migrateurs d’Ile de France.

Que mange Psittacula krameri ?

L’alimentation de ces oiseaux exotiques est la question principale qui se pose. En effet, comment ces animaux des pays chauds arrivent à survivre aux hivers européens ? Comment supportent-ils le froid ? Quelle source de nourriture recherchent-ils ?

Ces oiseaux au bec crochu sont des mangeurs de graines et de fruits. En Grande-Bretagne, là où leur population est importante, ils dévastent les arbres fruitiers. Mais ces lutins ont compris que pour manger, ils doivent rester à proximité des milieux urbains. C’est de cette manière qu’ils subsistent et qu’ils se développent depuis près de 30 ans. Ils échappent aux rapaces forestiers comme l’épervier d’Europe ou l’autour des palombes.

Un des points cruciaux est le passage de l’hiver. Quand la nourriture naturelle se fait rare, ils s’approchent des habitations des particuliers où se trouvent les mangeoires à passereaux. Ils profitent ainsi de cette manne destinée aux oiseaux du jardin. Voir ci-dessus la vidéo de ces oiseaux verts dans un des jardins de Seine-et-Marne.

Pourquoi, j’affirme cela ?

Eh bien, pas plus tard que mercredi 4 décembre 2019, dans ma rue, j’ai aperçu 3 perruches à collier survoler la route et se poser dans un arbre où des gens ont installé des mangeoires. Je me suis arrêté pour les regarder manger. C’était la première fois que j’en voyais ici ! Et pour avoir identifié leur cri, je pense que cela fait quelques semaines qu’ils viennent, car je les ai entendus à plusieurs reprises.

Conséquences de la prolifération des perruches

Sur la petite couronne de la région parisienne, certains lieux comme le parc de Sceaux dans les Hauts de Seine ou dans les zones vertes de la capitale, un certain nombre d’oiseaux ont élu domicile. En fait, un peu partout dans les départements de la petite couronne, des observateurs ont noté la présence de ces volatiles.

Comme je l’ai indiqué plus haut, d’une manière générale, les perruches ont une tendance grégaire. Elles se rassemblent en dortoir ou en colonie pour la nidification. Comme elles utilisent des cavités pour la reproduction, elles poussent les espèces locales à une cohabitation forcée. Leur nombre provoque des nuisances. Un oiseau seul est capable de pousser des cris stridents, alors imaginez plusieurs dizaines d’individus, voire plusieurs centaines. Plusieurs grandes villes européennes ont été colonisées comme Londres ou Bruxelles.

 

Perruche à collier (Psittacula krameri) - Oiseau vert

 

Leur grande taille éloigne les petits oiseaux comme le rouge-gorge ou les mésanges des lieux de nourrissages hivernaux. Donc, si les mangeoires sont bien garnies, ils devront attendre leur tour sinon, ils devront aller chercher ailleurs leur nourriture. Autrement dit, il va y avoir un partage de nourriture avec les nouveaux venus.

L’autre point à souligner est la mise en concurrence des loges de reproduction dans les arbres. En effet, les trous disponibles sont utilisés aussi bien par les chauves-souris que par les oiseaux cavernicoles. Alors là aussi, la compétition risque de devenir tendu sachant que les couples de perruches à collier nichent tôt dans l’année et risquent d’occuper les trous avant les oiseaux sédentaires et migrateurs.

Quels sont les prédateurs possibles des perruches vertes ?

À priori, les rapaces diurnes peuvent réguler dans une certaine mesure ces espèces exotiques. Le faucon pèlerin, l’épervier d’Europe et l’autour des palombes trouveront une ressource alimentaire supplémentaire dans un avenir proche.

État des populations en 2019 en Ile de France

Selon les naturalistes qui suivent leur déploiement en région parisienne, leur nombre se situerait entre 5000 et 8000 individus (et peut-être plus). Bien sûr, ces chiffres sont des estimations à partir des implantations connues. Or aujourd’hui, la recherche de nouveaux territoires pousse des petits groupes d’oiseaux à aller toujours plus loin, vers le sud.

Vaux-le-Pénil dont je parlais précédemment se trouve à près de 50 km au sud de Paris. Or, j’ai noté des passages de ces oiseaux au sud de la forêt de Fontainebleau durant l’année 2019. Il semblerait donc que le sud Seine-et-Marne soit la prochaine terre d’installation de ces envahisseurs originaires d’Asie du Sud-est et de l’Inde.

Est-ce un animal nuisible ?

Le qualificatif « nuisible » sert à cataloguer une chose ou un être indésirable. Ce bec crochu n’y est pour rien. L’espèce s’est retrouvée à devoir survivre dans un environnement écologique qui n’est pas celui d’origine. Les ornithologues s’interrogent sur les conséquences de cette présence indésirable, voire nuisible pour certains. C’est vrai qu’il ne devrait pas se trouver là ! Alors est-ce des oiseaux échappés lors du transport vers des animaleries ? Est-ce des animaux sauvages saisis en douane et qui se sont échappés. Est-ce des colonies en provenance des pays du nord comme les Pays-Bas, la Belgique ou l’Angleterre ? Ou bien, est-ce des oiseaux de captivité qui ont retrouvé leur liberté de manière fortuite ?

À mon avis, la réponse doit se trouver quelque part au centre de ces interrogations. N’empêche que l’homme est encore la cause de cet état de choses ! En conclusion, je voudrais vous citer une phrase que j’aime beaucoup de Théodore Monod qui dit ceci : « L’animal ne demande pas qu’on l’aime, il demande qu’on lui fiche la paix. ». Voilà, ce dont la nature a besoin, de la tranquillité ! Qu’on ne décide pas pour elle en permanence, mais qu’on la laisse offrir ce qu’elle a de meilleur, une diversité extraordinaire, des couleurs, une beauté sans égale et un monde d’émerveillement pour les contemplateurs.

13 commentaires

  1. Très bel oiseau mais du fait de son statut de nouveau superprédateur, il pourrait perturber les écosystèmes, les dégrader d’où sa catégorisation en espèce invasive

  2. Bonjour, il est possible d’en apercevoir et surtout de les entendre dans le parc de la mairie de Juvisy sur Orge (Essonne) et en forêt de Sénart.

  3. Bonjour depuis quelques jours il y a des perruches à collier dans mon village de Chartrettes, non loin de Fontainebleau. Jusqu’à maintenant c’était plutôt trois ou quatre mais cet après-midi je viens d’en voir un vingtaine qui se déplacent d un massif d arbres à un autre.
    Jolis mais bruyant
    Peuvent-ils venir picorer dans le jardin parmi les autres espèces d’oiseaux ?

    • Pour répondre à votre question, oui il est à parier que la mangeoire soit visiter d’ici peu comme la mienne l’a été !
      Sauf que en leur présence, les petites espèces restent en retrait…
      Cdlt

  4. Bonjour Djamal

    Je vous lis avec intérêt depuis plus d’un an et je conçois que ces oiseaux sont atypique et que c’est certainement la faute des humains qu’ils retrouvent sous nos latitudes. Ce n’est parce que certains font des d’erreurs (pour rester polie) qu’on doit laisser cette espèce se développer dans nos départements et ce au détriments d’autres espèces qui sont également de plus en rare pour d’autres raisons a imputer à l’homme. Pour ma part ces animaux n’ont pas leur place en Europe même si ils s’adaptent très bien malgré notre climat. Pour prendre un exemple en grande bretagne avec la disparition de l’écureuil roux au détriment de son cousin de couleur gris et combien d’espèces ont ou vont subires ce type de phénomènes ?
    Pour info au sud de Fontainebleau je n’en ai pas encore observé.

    Cordialement

    Alain

  5. Bonjour Djamal,
    J’habite à Etampes et j’ai constaté que le nombre de perruches a collier augmente depuis quelques années. Elles nichent dans les grands platanes près de l’hôpital.
    Apres les avoir vu dans le parc de sceaux, je les avais remarquées au jardin de Luxembourg à Paris.
    Pour leur origine, j’avais trouvé que l”oiseau serait arrivé en Ile-de-France dans les années 1970 suite à des échappées de captivité autour des aéroports de Roissy et Orly.
    Après une période relativement discrète, ces perruches ont envahi les villes.
    J’ai vu un reportage ou un représentant de la LPO disait que leur présence n’avait pas d’impact sur les autres, mais je ne suis pas de son avis.
    Merci encore pour vos articles.

    • Merci pour votre témoignage sur la présence des perruches à collier en région parisienne.
      J’en vois depuis des années dans un parc floral en bordure de Seine à Rueil-Malmaison.
      Mais là, je vois une progression certaine vers le sud du massif forestier de Fontainebleau.
      Cdlt

  6. Les premiers volatiles commencent effectivement à être aperçus ici et là, et surtout repérés par leurs cris. Si vous allez vers les villes des Hauts de Seine, vous en verrez partout où il y a des arbres (parcs, jardins, cimetières…) car elles s’adaptent vite à leur environnement et trouvent de la nourriture en mangeant des graines toxiques pour d’autres oiseaux (sur les ifs par exemple). Résistantes et conquérantes !

    Pour la provenance : lire des articles du Parisien sur des échappées de colis animaliers d’Orly ou Roissy.

    • Oui, j’ai vu cette article et d’autres qui abordent la provenance de ces perruches.
      Mais je crois qu’il y a aussi d’autres provenances et c’est la raison pour laquelle que j’évoque les pistes dans mon article.
      Cdlt

  7. Bonsoir,
    J’en ai compté une centaine au Mée-sur-Seine au niveau du Parc Meckenheim, vers 16h 30, il y à 3 semaines ..

  8. Merci pour cet article.

    Pour votre information, au Havre où je réside il y existe une colonie dans le parc de Rouelles (c’est au Havre), et j’ai aussi observé un couple dans le parc (forêt) de Montgeon.

    Si vous le souhaitez, je peux vous communiquer des photos.

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