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Grand pic noir - Loges des pics un éloge à la solidarité

Les loges des pics un éloge à la solidarité

Tout commence à la fin de l’hiver quand les pics tambourinent sur un tronc d’arbre ou une branche. De cette façon, la famille des Picidés communique les uns avec les autres à cette période. Faire connaître sa présence dans la place est essentiel pour délimiter son territoire. Outre, faire connaître sa position et son espèce, les pics sont connus aussi pour forer des trous que l’on appelle loges. Du plus petit (pic épeichette) au plus grand (pic noir) chacun donnera le ton en tapant dans le bois avec une fréquence plus ou moins marquée. Mais pourquoi la présence de nombreux passereaux est dépendante de l’activité de forage des pics ?

L’activité de forage des trous

Initialement, le forage d’une loge est destiné à la nidification. Selon l’arbre choisi, le forage en lui-même peut prendre une bonne dizaine de jours. Une des particularités physiques de ces oiseaux est la capacité d’absorber sans dommage les chocs répétés lors du tambourinement. Un remarquable système d’amortissement et une structure de crâne renforcée ne leur laissent aucune séquelle.

Saviez-vous que seul le pic épeiche, le pic épeichette et le pic noir frappent les troncs creux au printemps ?

 

Pic épeichette au nourrissage sur un hêtre
Pic épeichette au nourrissage sur un hêtre

 

Le pic vert et le pic mar semblent moins coutumiers du fait (source LPO Alsace) ce qui ne les empêche pas de faire un trou pour nidifier. Sinon, on dénombre une fréquence de 6 et 12 coups à la seconde pour le pic épeiche alors que pour le pic noir la fréquence est aux alentours de 14 à 17 coups par seconde.

 

La loge creusée est utilisée la première année par le couple de pics pour nidifier. Les années suivantes, le trou est à disposition comme logement vacant. L’idée serait un peu premier arrivé, premier servi ! De cette manière, les loges disponibles augmentent d’année en année si les populations de Picidés prospèrent. Cette interdépendance est vitale pour les oiseaux cavernicoles.

Quels oiseaux cavernicoles utilisent les loges de pics ?

On entend par oiseaux cavernicoles ceux qui nichent dans des cavités (arbres, rochers, vieux murs, etc.). En forêt de Fontainebleau, j’ai identifié 12 espèces de passereaux qui dépendent des trous de pics pour nicher. Ils servent aussi comme abri nocturne ou durant les grands froids.

Donc, les espèces de la liste ci-dessous utilisent les loges de pics pour la reproduction et comme abri. Certains sont sédentaires comme les mésanges et d’autres arrivent au printemps et repartent en été. Comme la nature est bien faite, on trouvera 3 diamètres d’entrée différents selon les espèces (épeiche, épeichette, noir) donnant l’opportunité à tous ces oiseaux de trouver logement à leur mesure.

  1. Huppe fasciée
  2. Mésange bleue
  3. Mésange charbonnière
  4. Mésange noire
  5. Mésange huppée
  6. Mésange nonnette
  7. Gobemouche gris
  8. Gobemouche noir
  9. Rougequeue à front blanc
  10. Torcol fourmilier
  11. Étourneau sansonnet
  12. Sittelle torchepot

Ainsi, sans le savoir, les pics permettent l’accueil en zone forestière de passereaux qui de par leur présence contribue à l’équilibre entre les insectes et les plantes. La plupart d’entre eux consomment des chenilles, des vers, des mouches et autres petites bestioles. Ces volatiles donnent vie au peuple de la forêt par leur chant et la beauté de leur plumage. Il serait dommage de s’en priver.

Comment favoriser le maintien des pics ?

Les vieux arbres et arbres morts sont le paradis des pics. Certains sont abattus pour la production de bois et réduises de fait les trous disponibles. D’autres tombent carrément tout seul, car pourris ou desséchés. Heureusement que le pic est un travailleur infatigable. Il offre les conditions de maintien nécessaire au sein de la forêt en s’attelant au forage d’une loge chaque année.

 

Pic épeiche mâle sur du bois mort

Parmi eux se cache un grand amateur de fourmis. Il s’agit du grand pic noir que j’aborderais dans un article à venir. Dans tous les cas, lors de grand froid l’hiver, une mangeoire avec boules de graisse aidera les visiteurs du jardin à reprendre des forces. Il se peut donc que vous observiez une des espèces de pics qui fréquentent votre région.

 

Un commentaire

  1. Merci pour cet article. Je l’ai d’autant plus apprécié pour avoir observé et photographié des pics noirs, épeiche, sittelles autour des étangs de Coye la forêt dans l’Oise. J’avais bien compris que les pics ne revenaient pas deux fois au même endroit, mais je ne me doutais pas qu’autant d’autres espèces profitaient de leur travail ! Par contre ce qui m’intrigue, ce sont les colverts qui semblent “tomber” du haut des arbres … je n’arrive pas à situer leur loge ( si c’est bien dans des loges qu’ils nichent !). En tout cas, merci pour cet article intéressant !

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