Envol du cétoine dorée ©Bernie Kohl

Cétoine dorée (Cetonia aurata) – Auxiliaire du jardin

La cétoine dorée (Cetonia aurata) est un scarabée vert métallique appelé aussi hanneton des roses de la famille des Cetoniidae et de l’ordre des coléoptères. Insecte pollinisateur du genre Cetonia est un coléoptère inoffensif. Il est fait un auxiliaire utile au jardin sauf dans quelques cas précis. Voyons cela ensemble !

Description de la Cétoine dorée

La première chose qui distingue cet insecte luisant est sa couleur puisqu’il a des reflets métalliques verts plus ou moins marqués avec sur les élytres fixes, de petites stries blanches. Sous sa carapace, une paire d’ailes lui permet de voler de fleur en fleur. Son thorax est un tiers plus court que son abdomen. L’insecte adulte mesure jusqu’à 2 cm.

 

Cétoine dorée (cetonia aurata) se nourrissant - Insecte pollinisateur

 

La différence de morphologie entre le mâle et la femelle Cetonia aurata existe uniquement au regard de la face ventrale de l’abdomen. Celle de la femelle est lisse et convexe alors que celle du mâle montre une ligne qui court sur toute sa longueur.

Habitat

Il y a deux conditions pour voir la cétoine dorée en forêt de Fontainebleau (77). La première est qu’il doit faire chaud et que le soleil doit briller. Et puis, étant un insecte floricole, il doit trouver des fleurs pour se nourrir.

 

On trouvera donc ce coléoptère dans différents types d’habitats comme les clairières fleuries, les chemins et talus buissonneux, les friches avec des haies, les prairies sèches. En fait,  partout où les conditions sont réunies entre chaleur et nourriture.

Nourriture de Cetonia aurata

Contrairement aux abeilles ou aux papillons qui viennent aspirer le nectar des fleurs, ce coléoptère vert préfère plutôt mâchouiller. En fait, son alimentation est constituée du pollen des fleurs. Mais pour être précis, ce scarabée n’a pas de mandibules sous la tête, mais au niveau des parties buccales des sortes de peignes qui servent à récolter le pollen pour se nourrir. Donc à proprement parler, ce n’est pas un insecte nuisible ! Si ses ressources alimentaires sont nombreuses et variées, il reste dans ses biotopes de prédilections.

Quelles fleurs la cétoine dorée aime ? En milieu naturel, on le voit sur les ombellifères, les chardons, les fleurs d’aubépine, de sureau et d’églantier. D’ailleurs, rappelez-vous, cet insecte est appelé hanneton des roses. Or, l’églantier est un rosier sauvage !

Quand le jardin est attractif

Pour différentes raisons, les jardins peuvent recevoir la visite de la cétoine dorée. Que ce soit pour la nourriture qu’ils offrent ou pour la ponte. Souvenez-vous que c’est un insecte volant capable de détecter ses sources d’alimentation. Donc, si vous avez des plantes à fleurs comme du troène, du lilas ou même des roses, vous êtes susceptibles d’en voir.

Cétoine dorée (cetonia aurata) - Insecte de la forêt de Fontainebleau

 

Existe-t-il un risque pour les plantes ? Dans ma région d’Île-de-France, j’en observe chaque année en petite quantité. Ce qui me laisse à penser qu’on est très loin de l’invasion. Comme je l’ai indiqué plus haut, il mange le pollen en mâchouillant les étamines ce qui met un coup de mou à la fleur, mais ne la détruit pas. Dans un jardin bien fleuri, cette petite contribution à la nature passera inaperçue.

Période de présence | Durée de vie

En Seine-et-Marne (Ile de France), Cetonia aurata est présent des mois de mai à juillet. Bizarrement, sa durée de vie est longue au regard de son activité propre. En effet, il nait durant l’été, mais ne quittera son refuge que le printemps suivant pour aller se reproduite. En clair, l’adulte hiverne ! Il existe une seconde génération qui nait durant l’été et se nourrit de fruit mûr.

Reproduction

Les pontes ont lieu au printemps entre mai et juin. La larve qui en résulte est appelée vers blanc. Elle est de type saproxylophage, c’est-à-dire qu’elle se nourrit de bois en décomposition (bois mort). Elle se trouve aussi dans le compost ou sa présence participe au travail du sol en recyclant les déchets végétaux. Ainsi, grâce à ce cycle écologique, le processus participe à l’enrichissement du substrat. À ce titre, elle est bien un auxiliaire du jardin. Le cycle du stade larvaire complet est assez long puisqu’il dure 3 ans. On pense que cette durée est due à la pauvreté du sol en nutriment.

Différences entre le ver blanc de la cétoine dorée et celle du hanneton

Les jardiniers le savent qu’il n’y a rien de plus irritant de trouver des larves blanches dans le sol et se craindre pour ses plantations de légumes ou de fleurs. Dans le compost du jardin, il est fréquent de trouver les larves de cet invertébré. Mais saviez-vous que vous pouvez déterminer l’origine des vers trouvés en terre grâce à 2 critères.

  1. Le ver de la cétoine dorée se déplace sur le dos
  2. La tête du hanneton est grosse avec un petit derrière et c’est l’inverse pour la cétoine.

Où se trouvent les vers blancs des cétoines d’après vous sur la photo ci-dessous ?

 

Différences des larves de cétoines dorées et hanneton - Isabelle Diana
Différences des larves de cétoines dorées et hanneton © Isabelle Diana

 

Donc, avant de décider du sort de ces vers, inspectez-le et si vous avez affaire au scarabée vert et si c’est le cas, mettez-le dans le compost ou de la terre meuble qu’il fasse son travail d’enrichissement du sol.

Cetonia aurata, utile ou nuisible ?

Au vu des tous ces aspects, cette espèce de coléoptère est classée dans la catégorie des insectes utiles. Bien sûr, il peut abimer quelques fleurs de roses ou d’arbres fruitiers. Mais ce n’est pas ravageur. Il n’est pas nuisible au regard des intérêts humains et tant mieux pour la biodiversité, car il contribue à polliniser les plantes à fleurs partout où il passe. Dans tous les cas, tous les animaux ont leur place dans la nature et le catalogage que l’on en fait ne dépend que de nos intérêts. Ce classement dans telle ou telle catégorie n’est pas un avis personnel, mais une constatation observée chez la plupart d’entre nous.

LE SAVIEZ-VOUS ? le genre du mot cétoine est féminin, on dit une cétoine dorée.

Clés de détermination des Cétoines de France

Je vous propose de consulter de fichier PDF donnant les clés d’identification et de détermination des espèces de cétoine en France.

 

13 commentaires

  1. Merci beaucoup pour toutes ces précisions sur ce bel insecte que j’ai souvent observé dans les pétales des roses des jardins. Je n’en ai pas vu se nourrir de fruits murs : faut-il se trouver dans le midi pour y rencontrer les adultes de la seconde génération qui le font ? Logiquement, on devrait en trouver dans les parcs de Paris : les pesticides n’y sont paraît-il plus utilisés. Mais en ce qui me concerne j’ai beau observer régulièrement leurs roses, je n’en ai jamais vu là.

    • Bonne question Bertrand ! Je pense que dans la partie nord de la France et en zone d’altitude, il ne doit pas y avoir de seconde génération à cause du manque de chaleur.

  2. Merci beaucoup pour toutes ces infos très intéressantes sur ce petit insecte. C’est toujours un immense plaisir de lire tes articles et de voir les photos correspondantes.

  3. bjr Djamal, merci de ce bel article sur cette beauté (une fois éclose !!!!) , et c’est vrai que les 2 larves se ressemblent tellement que parfois j’ai des doutes, mais j’ai lu récemment que les larves de hanneton ne se trouvaient jamais dans du compost , à l’inverse de la cétoine, vous pouvez nous éclairez ? merci et continuez à nous informer

    • Bjr Nelly, les larves de hannetons vivent dans la couche superficielle du sol alors que le compost accueille la larve du cétoine dorée.
      Merci d’avoir pris le temps de la lecture !

  4. Féréroles marianne

    Merci Djamal, j’ai pris en photo une Cétoine dorée dans une rose ,qui était parti se restaurer.

    Toujours ravie de te lire.

  5. Toujours très instructif vos articles Djamal et superbement illustrés.
    J’habite dans le sud de la Belgique ou je rencontre parfois la cétoine dorée.
    En revanche, les hannetons, très nombreux dans ma jeunesse (j’ai 74 ans !) on pratiquement disparus.
    En toute cordialité
    Dominique

  6. Du beau travail. Exposé concis, simple et qui donne envie d’attendre les suivants.
    De belles photos pédagogiques.

    Merci.

  7. Gabrielle Huegli-Jobin

    Bonsoir Djamal,
    J’en ai plein dans mon jardin.
    je ne savais pas qu’il n’était pas nuisible. dorénavant je vais les choyer.
    Merci pour les infos. Bonne fêtes de Pâques.
    Gabrielle

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