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Courtilière - Taupe grillon (Gryllotalpa gryllotalpa)

Courtilière – Taupe grillon (Gryllotalpa gryllotalpa) – Insecte fouisseur

La Courtilière (Gryllotalpa gryllotalpa) alias la Taupe grillon est un gros insecte fouisseur largement méconnu aujourd’hui. Devenu rare un peu partout, cet orthoptère du même genre que les sauterelles et les criquets possède de puissantes pattes antérieures munies de griffes comme la taupe des jardins. Décrivons maintenant la morphologie de cet insecte aux mœurs souterraines.

Description | Morphologie

Comme vous le remarquez, cette étrange bestiole est de bonne taille. Mesurant en 5 et 7 cm de long, la Courtilière est longiligne. Munie de 3 paires de pattes, elle ne saute pas comme la sauterelle, mais se déplace en marchant. Les 2 pattes avant munies d’une sorte de peigne sont courtes et très puissantes puisqu’elles lui servent à s’enfoncer dans la terre pour creuser des galeries. D’ailleurs, on le voit sur la photo ci-dessous.

 

À l’extrémité de l’abdomen sont accrochés 2 brins appelés cerques. Bien que massif, la Taupe grillon est vive au point que pour la photographier, j’ai dû l’attraper et la tenir. Au passage, pour appuyer le fait que l’insecte a une force incroyable, je dois dire que j’ai eu du mal à le maintenir dans cette position, car avec un mouvement de recul de ses pattes avant, il a réussi à se dégager alors que je le tenais fermement. Pour vous rendre compte de ses capacités physiques, regarder cette vidéo où Gryllotalpa est entre 2 briques alimentaires d’un certain poids et se dégage facilement de cet obstacle.

 

Courtilière - Taupe grillon (Gryllotalpa gryllotalpa) - photo
Courtilière – Taupe grillon (Gryllotalpa gryllotalpa)

 

Et puis, si la bête ne vous a pas suffisamment étonnée, saviez-vous qu’elle est capable de voler, un peu comme le faut la Mante religieuse. Sur son dos, des ailes longues sont plaquées le long du corps. Personnellement, je n’ai jamais vu voler la Courtilière ! Mais imaginez-vous cette bizarrerie vous passer sous le nez, le malaise ne sera pas loin…

 

Courtilière de profil - photo
Courtilière de profil

Où vit la Courtilière ?

La Courtilière a besoin d’un sol meuble un peu sableux et frais pour vivre. Ensuite, si elle n’est pas exterminée, elle se trouve un peu partout. Personnellement, je l’ai observé à 3 reprises. Une fois, je l’ai photographié dans le bec d’un Vanneau huppé à Sorques (ENS 77). Une autre fois, c’était sur une pelouse au bord d’un lac. Et puis, lors d’un repérage d’amphibiens nocturnes dans une forêt humide de Seine-et-Marne, je l’ai entendu chanter.

Donc, si je résume, toutes les fois où il y a eu contact visuel ou auditif, c’était dans des milieux humides. Cependant, sa présence est loin d’enchanter les jardiniers qui considèrent cet insecte nocturne comme indésirable.

  • Pour quelle raison ?

À l’image de la taupe, l’insecte fouisseur passe la majeure partie de sa vie sous terre. Il crée des galeries souterraines et ne contourne pas les obstacles comme les racines ou bulbes. Avec ces puissantes mandibules, il découpe ce qui l’empêche d’avancer. Du coup, dans les jardins potagers, les légumes ou autres produits cultivés meurent. À cause de ce désagrément, l’insecte s’est raréfié et a presque disparu dans certains pays comme l’Angleterre. En France, cette espèce est surveillée.

 

Vanneau huppé avec une courtilière dans le bec
Vanneau huppé avec une courtilière dans le bec

Que mange la Courtilière ?

Cet insecte nocturne n’est pas difficile puisqu’il est omnivore. Il peut tout aussi bien manger insectes et vers que des racines. C’est peut-être aussi une raison pour laquelle, les domaines forestiers sont mieux à même d’abriter des populations viables.

Chants et sons de la Courtilière

La Taupe grillon marque sa différence par son chant nocturne puissant. Audible à 100 m, il est difficile de la confondre avec une autre bestiole. Voici un enregistrement assez fidèle de ce que vous entendrez dans la nature.

 

Que pensez-vous de cet étrange insecte ?

En avez-vous déjà vu et si oui, dans quelles circonstances ?

9 commentaires
  1. C’est un insecte fascinant au bon sens du terme. Etant enfant, j’en avais vu le dessin dans les livres et je m’en suis toujours souvenu, preuve que cet insecte a quelque chose de spécial.

    Je n’en ai vu une qu’une seule fois bien des années plus tard. C’était à la fin du crépuscule à l’île d’Oléron. Une stridulation spéciale et forte a attiré mon attention au bord d’un chemin.
    Je me suis approché, et là j’ai vu une courtilière. Elle était beaucoup plus grosse que ce que je croyais (à peu près 4 ou 5 cm).

    Le sol était en effet sableux et la courtilière s’est tue et réfugiée dans un trou en voyant ma lampe de poche.

  2. Peut-être qu’en faisant une balade à la nuit tombée la chance vous sourira !

  3. Bonjour Djamal,

    Excellente photo! C’est magnifique.

    La seule fois de ma vie ou j’ai vu cet insecte, c’était un soir au bord de la mer sur un milieu sableux.

    J’en avais vu des dessins avant, mais jamais vu “en vrai”. La stridulation est forte et spéciale. J’ai regardé, j’ai vu l’insecte et reconnu ce que j’avais vu dans les livres, bien des années avant.

    Je ne savais pas que l’insecte était aussi sur Fontainebleau.

    Chapeau pour la photo, c’est exactement ça

  4. Merci Jean pour votre témoignage !

  5. Bernard
    cet insecte m’est trop familier et fait d’important dégâts dans le jardin. Il reste présent d’une année sur l’autre. Je le piège en appliquant une méthode décrite par Olivier de Serres en 1600 dans “Théâtre d’Agriculture et mesnage des champs” Olivier de Serres écrit: ” le plus dangereux ennemis qu’aient les jardins est la courtillère. ”
    je peux de ce fait les pièger et compte tenu de la rareté générale des insectes je la relache dans la nature très loin de mon jardin. Rassurez-vous je ne les mets pas chez mes voisins. Je confirme qu’elle est capable de voler, mais sur de courtes distances et ne s’élève pas très haur. Rapidement si elle trouve un sol meuble, elle a tôt fait de s’enfouir. Les œufs sont en paquet et très nombreux;

  6. Magnifique photo, très bonne présentation. Je ne sait pas si c’est justement cette espèce qui est rentré rentré chez moi…Bilan un concert nocturne, c’est incroyable comme ces insectes sont capable de chanter.

  7. Oui, on ne peut pas ignorer le chant de la courtilière, vous l’avez probablement vérifié !

  8. A la recherche de coquillages sur la plage de Coq-sur-Mer (Belgique), j’ai remarqué ce que j’ai d’abord cru être une dépouille de crustacé rejetée par la mer. Celle-ci s’était échouée sur la ligne de haute marée, mêlée aux algues et coquilles de mollusques qui forment la laisse de mer. Mais à y regarder de plus près, il s’agissait bien d’une courtilière. Je l’ai reconnue grâce à une photographie en noir et blanc contenue dans un manuel de biologie scolaire. Cette illustration s’étant imprimée à l’encre indélébile dans la mémoire du jeune écolier que j’étais alors, le souvenir de cet insecte presque légendaire m’est aussitôt revenu… Près d’un demi-siècle plus tard! Je n’en avais en effet jamais vu.
    Comme il avait miraculeusement échappé à la voracité des mouettes et n’avait subi aucun dommage particulier, étant aussi conscient de la rareté de cette heureuse découverte, j’ai entrepris de le nettoyer, de le placer sur un support qui permet de bloquer corps, membres et appendices au moyen de petites épingles et le mettre à sécher, en espérant que l’abdomen ne pourrisse pas comme cela pourrait malheureusement être le cas. Si l’opération réussit, il tiendra une bonne place dans ma collection de curiosités animales. Car si la biodiversité des coquillages de nos côtes semblent maintenant avoir surmonté les pollutions désastreuses de la fin du XXème siècle, ces insectes très particuliers, moins chanceux, risquent de totalement disparaître au cours des prochaines décennies, victimes des multiples menaces qui pèsent toujours plus intensément sur leur habitat. J’entends donc le léguer à la postérité afin qu’il nous rappelle combien la nature est à la fois fascinante et fragile.
    Bien à vous.

  9. Chez nous, à Bordj ghédir en Algérie, cet insecte a une mauvaise réputation, car il mord et ses morsures causent de graves nécroses.

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