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Mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) en vol

Mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus)

La mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) de la famille des Laridés est oiseau étonnant ! Elle ne vit pas au bord de la mer, mais bien loin à l’intérieur des terres, délaissant les bandes côtières pour les eaux tranquilles des lacs et étangs. Alors dans notre imaginaire collectif, la mouette est synonyme de falaises, de ports marins et autres ambiances maritimes, il en va autrement de ce vénérable volatile. Mais laissez-moi vous décrire ses caractéristiques complètes.

Description | Identification

Il convient tout d’abord de faire le point sur l’aspect général de la mouette rieuse. En période nuptiale, mâle et femelle ont la tête brun foncé et le bec rouge. Le plumage de l’adulte de plus de 3 ans est clair. Le poitrail est blanc alors que le dessus des ailes est gris clair. L’extrémité des ailes est noire. Les pattes palmées sont rouges ou orange selon votre notion des couleurs.

 

Mouette rieuse en plumage nuptial (Chroicocephalus ridibundus)
Mouette rieuse en plumage nuptial

 

Les juvéniles n’ont pas le capuchon brun des adultes en période nuptiale. Leur plumage est foncé et tend à s’éclaircir progressivement avec la maturité. De même, hors contexte de reproduction, la tête des adultes redevient claire pendant l’automne et l’hiver.

 

En prenant un peu de recul sur l’aspect et les capacités de cet oiseau, vous verrez qu’il a toutes les armes qui faut pour vivre longtemps et un peu n’importe où. En effet, il mesure environ 40 cm de long. Il peut voler longtemps grâce à ses grandes ailes d’une envergure d’environ 100 cm. Son bec robuste est un excellent outil pour se nourrir.

Biotope | Habitat

Comme, je l’ai évoqué plus haut, ce Laridé possède une forte capacité de dispersion. Il remonte le cours des rivières à la fin de l’hiver pour rechercher des étangs, lacs et marais pouvant l’accueillir. Il a besoin de pouvoir fabriquer son nid en forme de plateforme, sur des ilots ou au milieu de roselières non denses, car il besoin d’avoir une vue dégager.

 

Mouettes rieuses en plumage hivernal
Mouettes rieuses en plumage hivernal

 

Du coup, on le trouve fréquemment à l’ENS de Sorques (en forêt de Fontainebleau) et au-dessus de la Seine, durant les passages migratoires. Étant un oiseau grégaire, les mouettes rieuses se rassemblent en colonie pour nicher. Les zones humides sont appréciées par ces laridés.

Nourriture | Alimentation

Ce qui fait la vitalité de ces oiseaux est la capacité à diversifier la source de nourriture. Aussi bien à l’aise dans l’eau que sur terre, il exploite à plusieurs niveaux les ressources d’alimentation. En vol, il est capable d’attraper des insectes. Il plongera s’il voit flotter quelques choses qu’il pourrait manger ou s’il a repéré un poisson mort. Sur les rives d’un étang, comme sur une vasière d’un estuaire, il pêche les mollusques et autres petits crustacés.

À côté de ça, un petit tour en plaine pour picorer des vers (lombrics) et de petits insectes viendra complémenter son alimentation. Sa nourriture étant variée, il peut résider en théorie à peu près partout, sauf lors de la reproduction. Un simple plan d’eau comme celui du château de Fontainebleau (voir la photo ci-dessus) peut attirer les mouettes rieuses qui y trouveront quelques bonnes âmes pour leur jeter un peu de nourriture. Leur régime omnivore facilite leur résidence un peu partout en France. Ne craignant pas l’homme, il est fréquent de voir ces oiseaux blancs survoler les décharges. Elles peuvent avoir ainsi une source de nourriture anthropique.

Reproduction

Les couples sont formés tôt à la fin de l’hiver. La nidification commence à partir du milieu du printemps (plus ou moins début mai). La femelle pond pas plus de 3 œufs beiges mouchetés qu’elle couvera durant près de 3 semaines. Les poussins seront nourris et pris en charge pendant 1 mois. Les couples sont installés non loin les uns des autres. D’ailleurs pendant cette période de reproduction, il en résulte une cacophonie mémorable. Plusieurs dizaines à plusieurs centaines de couples peuvent occuper un même site.

LE SAVIEZ-VOUS ?

  • La durée de vie d’une mouette rieuse est de plusieurs dizaines d’années (maxi = 30 ans)
  • Elle est fidèle à son site de reproduction

Comportement

Comme tous les animaux grégaires, la colonie est pleine de vie et souvent bruyante et les mouettes rieuses ne sont pas les dernières. Tantôt agressive pour défendre une écrevisse pêchée ou atteinte à la limite de proximité du nid, leur présence anime assurément le bassin par l’agitation qui y règne. Qu’un prédateur comme un busard des roseaux s’approche et la colonie le chasse à bonne distance.

Mouvements migratoires

Après la saison de reproduction, les zones humides se vident peu à peu des Laridés. On voit alors des formations de mouettes en V survoler la Seine et la remonter jusqu’à son embouchure. Les départs sont échelonnés entre août et octobre. Une question se pose alors !

  • La mouette rieuse est-elle une espèce migratrice ou erratique ?

La réponse est les deux, car figurez-vous que les individus nordiques ou en provenance de l’Europe de l’Est, poussée par la descente des températures, se réfugient du côté atlantique vers les rives atlantiques ou méditerranéennes. La météo et les conditions climatiques influent donc sur les mouvements hivernaux. Donc, les mouettes que l’on observe durant l’hiver, ici en région parisienne, sont probablement issues de contrées continentales ou nordiques.

Alors, après avoir examiné la fabuleuse adaptation de la mouette rieuse au changement qui entoure notre société, n’éprouvons-nous pas du respect pour ces créatures ailées !

Cris de la mouette rieuse

Souvent confondu avec le goéland, le cri de la mouette rieuse est un cri bref aigu. Écoutez la bande-son de cette vidéo.

Quelles différences entre la mouette et le goéland ?

La confusion entre ces 2 oiseaux marins peut être vite faite. Il y a quelques raisons à cela, notamment à cause du plumage qui de loin semble identique. Mais les points communs morphologiques s’arrêtent là car ce qui suit vous permettra de les distinguer plus facilement.

Tout d’abord, la taille de mouette rieuse est de l’ordre de 40 cm de long, alors que les espèces de goélands présents sur les côtes ont des mensurations supérieures allant de 52 cm à 78 cm pour 3 espèces (argenté, marin, brun). Une exception avec le goéland cendré, plus petit, avec une taille comprise entre 40 et 46 cm, qui est plus imposant que la mouette rieuse.

Et puis, ces espèces marines ont de longues ailes étroites pour se laisser porter sans effort par le vent du large. Pendant la période hivernale, il n’est pas rare de voir des goélands non loin de la Seine, à Paris. Ils remontent le fleuve à la recherche de nourriture. Et souvent, ce sont des individus isolés contrairement aux mouettes qui ont un comportement grégaire.

Enfin, le cri du goéland est plus puissant et différent de celui de la mouette. Sa morphologie est aussi un élément dissociant, car cette dernière est plus fine alors que son homologue marin est plus robuste.

 

3 commentaires

  1. gabrielle heugli-jobin

    Bonsoir Djamal, Merci pour les explications du comportement. Au Seeland bernois ou j’habite il y en a beaucoup en ce moment sur les champs fraichement retournés. Depuis peu, nous avons un couple de hérons blancs sur le Lobsigersee qui déborde depuis le retour des castors. j’essaierai de les photographier. Bonne semaine Gabrielle

  2. Bonsoir Djamal
    Merci pour ce travail en amont bien documenté, pertinent et précis.
    Ton écriture est vraiment agréable à lire !
    À Toulon, en hiver, les mouettes se mélangent aux goélands car de nombreuses décharges sauvages jonchent les territoires.
    Bon weekend !
    Bises.
    Brigitte.

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