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Blaireau d'Europe (Meles meles)

Une vie de blaireau (Meles meles)

Le blaireau d’Europe (Meles meles) de la famille des mustélidés est souvent mal aimé. Ainsi, ce mammifère nocturne fait face souvent à la persécution de l’homme. D’ailleurs, même son nom est le synonyme d’insulte, voire d’un caractère taciturne. Alors, voyons pourquoi cet animal méfiant mérite notre considération.

Description

Notre animal au pelage gris, blanc et noir est impressionnant pour qui ne l’a jamais observé. Une fois adulte, leur poids oscille entre 8 et 12 kg. Il est massif et court sur pattes. Sa fourrure est grise sur le dos et sur les flancs. Une bande blanche part de la truffe et se poursuit sur le sommet du crâne, jusqu’à la nuque. Les joues sont également de la même couleur. Deux bandes noires traversantes partent des oreilles, jusqu’à la base du museau. Elles forment un masque noir incluant les yeux. La face ventrale est entièrement sombre, presque noire.

 

La taille des adultes est de l’ordre de 70 cm à laquelle on ajoute à peu près 20 cm pour la queue. La blairelle, la femelle du blaireau est sensiblement moins grande que le mâle. Ses pattes sont munies de solides griffes destinées à creuser son terrier et rechercher sa nourriture. Comme plantigrade, ses empreintes laissent des traces caractéristiques.

 

Blaireau d'Europe (Meles meles)

 

Son ouïe et surtout son odorat sont très développés. En basse lumière et de nuit, sa vue est fonctionnelle même si c’est un sens moins développé que les autres. Dotés de ces capacités, ces mustélidés usent de méfiance avant de sortir du terrier, ce qui rend leur observation difficile. Ajouté à cela une vie nocturne et vous avez le portrait de ce mammifère.

Que mange un blaireau ?

Son régime alimentaire est celui d’un omnivore carnivore. Présent toute l’année sur son territoire, il choisit son mode d’alimentation en fonction des ressources saisonnières. Ainsi, il peut consommer des baies, des glands, des racines tout comme des micros mammifères tels que des campagnols. Sa large palette alimentaire lui permet de subsister d’une façon ou d’une autre. Ses chasses l’amènent à manger parfois des petits batraciens, des invertébrés comme le lombric, des orthoptères (sauterelle, criquet), des reptiles (serpent, lézard).

Pour faire simple, sa nourriture doit être à sa portée. Son odorat le guidant vers tout ce qui peut se manger. D’ailleurs, notez que sa dentition est composée de canines, d’incisives et de molaires dans le fond de la mâchoire. Il est donc équipé pour s’adapter à son territoire de résidence.

Comportement

Le blaireau d’Europe est un mammifère sédentaire qui a des habitudes bien marquées. Ses activités reposent en grande partie par la recherche de nourriture et le marquage du territoire. En effet, cette espèce est grégaire. Un clan peut accueillir le couple et ses rejetons. Des études ont montré que dans un environnement idéal, le clan peut se composer de plus de 20 individus. Cependant la moyenne est plus proche de 4 à 6.

Meles meles accorde beaucoup d’importance à son territoire. Les séances de marquage sont répétées fréquemment. Notons qu’ils utilisent des latrines communes ce qui permet la cohésion d’un groupe grâce à l’empreinte odorante similaire sur chaque animal. Le passage répété des membres du clan trace des layons. Empruntées chaque jour, ces pistes conduisent les membres du groupe à conforter les limites du territoire par l’odeur grâce aux excréments. Ceux-ci sont mélangés à des sécrétions provenant des glandes anales.

Peu avant la tombée de la nuit, il sort de terrier, inspecte timidement les alentours avant de s’élancer vers ses occupations. Il est rare de l’observer de jour. Généralement, il sera rentré se reposer de son escapade nocturne avant le lever du soleil.

Habitat

La forêt de Fontainebleau accueille des blaireaux. On trouve les terriers sur les pentes avec peu de dénivelés. Il doit être possible d’en voir aussi sur des terrains plats. Souvent, il se trouvera non loin d’une lisière. Au vu de son régime alimentaire, on devine le type de biotope qui peut lui permettre de subsister.

J’aurais tendance à le voir davantage en milieu feuillu que dans une pinède pour ce qui du massif bellifontain. Les terriers que j’ai découverts sont sur des pentes et dans des peuplements de feuillu. Mais je ne vais pas m’avancer plus que ça, car je sais qu’il y a des spécialistes de la faune sauvage et plus particulièrement des grands mammifères qui les photographient chaque année sur Fontainebleau. Alors, je leur laisse le soin de me renseigner sur cette éventualité.

Tribu à la route

Les routes forestières sont parfois traversées par les animaux des bois. Il ne se passe pas un mois sans que je constate des animaux morts sur le bord de la route. Hélas, Meles meles n’échappe pas à la règle. Lui aussi subit des chocs qui le laissent gisant sur le bas-côté. Voici par exemple un blaireau accidenté que j’ai photographié en bordure de massif. La violence du choc a dû provoquer une hémorragie.

 

blaireau accidenté (Meles meles)

 

Situation en Seine et Marne

Malgré le fait que cette bête ne présente pas de danger puisque nocturne et farouche, des véneries sous terre sont parfois pratiquées dans le département de la Seine et Marne. Une enquête publique qui a eu lieu du 15 avril au 7 mai 2019 montre que sur 350 participants, 271 étaient favorables à l’ouverture d’une période complémentaire pour la vénerie du blaireau. Les « pour » invoquent qu’il s’agit d’un animal commun ou qu’il y en a suffisamment pour valider cette pratique. Je ne commenterais donc pas le résultat ni les méthodes, car vous connaissez mon respect de la nature.

Iconographie : Source Pixabay

6 commentaires

  1. bjr, Djamal,

    Hélas, comme le renard , il est un mal aimé, il est pourtant si beau ! merci de lui rendre hommage à travers ce post
    CDT, Nelly

  2. Bonjour Djamal,
    Merci pour tes commentaires, qui m’ont appris des éléments sur la vie des blaireaux et blairelles, que nous devons aussi respecter, (…) , pendant qu’il en est encore temps ! La nature nous offre une telle variété d’espèces, et nous devrions nous reconnecter avec elle… , au lieu de la mépriser et de la détruire.
    De nouveaux oiseaux viennent dans mon jardin, je leur ai donné des graines… : super !!! J’attends de pouvoir les observer, et les identifier, si possible !
    Bonne semaine, et belles rencontres !
    Amicalement.
    Brigitte.

  3. Toujours très intéressant. je ne me lasse pas d’apprendre sur la nature et de plus, dans ma forêt de naissance dont je dis qu’elle est ma sève !

  4. merci encore une fois pour ce magnifique reportage et ces explications. Je n’en ai jamais vu , je suis aux alentours de Chantilly.
    Je suis régulièrement vos reportages, ils m’ont beaucoup appris !
    Amicalement,
    Cat Micout

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