Trichie commune (Trichius rosaceus) ou Trichie des roses

Trichie commune (Trichius rosaceus) le cétoine des roses

La Trichie commune (Trichius gallicus) est un petit scarabée jaune et noir appelé aussi Trichie des roses. D’ailleurs son nom ancien nom latin était Trichius rosaceus. La cétoine se mêle volontiers aux autres insectes pollinisateurs. Présent parmi les nombreuses espèces de coléoptères forestiers de Fontainebleau, sa singularité m’a poussé à m’intéresser à lui. Voyons ensemble le mode de vie de cette petite bête et ses particularités.

Description de cette cétoine

De la sous-famille des Cetoniidae, l’apparence noir et jaune fait penser aux hyménoptères comme les guêpes. Les élytres sont jaunes avec des taches noires. Le dessus du thorax appelé le pronotum est recouvert de poils jaunâtres à roux. Sur la photo ci-dessous, on remarque que cette toison se détache avec l’usure du temps. Dans un état frais, Trichius rosaceus est recouvert de poils sur les côtés et à l’extrémité des élytres.

 

Cet insecte velu mesure de 10 à 20 mm de long en moyenne. Le mâle étant plus petit que la femelle. Sa paire d’ailes postérieures est protégée par une carapace faite d’une matière plus rigide. Lors du vol, les élytres sont relevés à la manière d’un parachute et les ailes à l’arrière se mettent à battre. Les pattes sont noires. Sa petite tête est normalement aussi velue que les autres parties de son corps. Vu de près, on a l’impression que la Trichie commune a une fourrure jaune. Ces petits insectes invertébrés ont un exosquelette protecteur.

Que mange la Trichie commune ?

Comme les cétoines dorées, ces scarabées contributeurs à la pollinisation des plantes, se délectent de nectar. Ils butinent entre autres les ombellifères pour faire le plein d’énergie. Comme le font les abeilles, ils se déplacent de fleur en fleur à recherche de leur nourriture. C’est aussi un mode de reproduction pour les plantes, car les scarabées emportent du pollen de fleur en fleur. D’une manière plus large, ces petites bestioles recherchent les fleurs sauvages comme le chardon, les centaurées sauvages que l’on trouve sur les bords de chemin. Il est aussi possible de les observer dans les jardins. Sa mobilité surprend pour un scarabéidé, pourtant sa petite taille lui permet des déplacements rapides.

 

Trichie commune (Trichius rosaceus) - Scarabée noir et jaune

 

Période de présence en forêt de Fontainebleau

Les photos de Trichies de cet article ont été prises au mois d’août sur le massif forestier. Mais en France, on trouve ce scarabée noir et jaune entre mai et août.

Mode de reproduction

Les rencontres entre mâle et femelle se font sur les lieux de nourrissage. Après l’accouplement, les œufs sont déposés dans le bois mort en décomposition ou les souches. Les larves sont saproxylophages. Les lisières de milieux forestiers ou les milieux pouvant accueillir des arbres laissés au sol. Le développement larvaire dure 2 ans, d’où la nécessité de laisser la nature dans l’état quand cela est possible.

Comment identifier Trichius gallicus ?

Chers lecteurs, vous devez savoir que plusieurs espèces de la même famille présentent des similitudes morphologiques nécessitant un examen attentif de l’insecte. La Trichie fasciée (Trichius fasciatus) est un sosie de l’espèce décrite ici. La différence qui me semble notable concerne pour la Trichie commune est l’absence de bandes noires décrite par le terme fascié. Ici, nous remarquons qu’il y a 6 points noirs distincts qui ne se rejoignent pas. Chez la Trichie fasciée, il y a une bande noire sur la largeur des élytres sur le haut et le bas, mais pas ici ! Pour ajouter un critère de distinction, on notera la présence sur le tibia médian, d’une forte échancrure sur l’arête externe chez Trichius fasciatus mais pas chez Trichius gallicus (merci à Foudenature).

 

Trichie commune (Trichius rosaceus) - Coléoptère noir et jaune

 

Clé de détermination des cétoines en France

Pour les entomologistes amateurs, je vous propose un lien explicatif des différentes espèces de Cetoniidae de France.

Rare ou pas en Ile de France ?

Comme l’entomologie étant affaire de spécialiste, je ne saurais dire si cette cétoine est commune ou rare en Ile de France. Peut-être, une recherche minutieuse des habitats possibles donnerait une vue plus précise de la répartition en région parisienne de la Trichie commune. Les reliquats de prairies sèches ou humides en bordure forestière sont à privilégier aux bonnes saisons. Ainsi, je note qu’avec au moins 10 ans de pratique en photo macro et de nombreuses sorties aux périodes favorables, je n’ai rencontré que 2 fois cette espèce colorée en forêt de Fontainebleau. Et vous, l’avez-vous déjà observé chez vous ?

 

19 commentaires

  1. GUEUGNON Josseline

    Bonjour
    merci de m’avoir permis l’identification de ma(mon ?) cétoine(trichie commune) vue en mai 2019 à Cachan sur une pivoine.

  2. Merci beaucoup pour vos explications. Personnellement, je n’ai pas revu cet insecte (ou un autre appartenant au même genre, je ne sais pas faire la différence) depuis quelques dizaines d’année, en particulier en région parisienne.

  3. Bonjour Djamal. Merci pour vos articles tous plus intéressants les uns que les autres. J’habite en Belgique et dans mon enfance (j’ai 75 ans) cet incecte dont j’ignorais le nom à l’époque était très commun même dans notre jardin en Flandre on pouvait l’observer chaque été en relative abondance. Maintenant j’habite le sud de la Belgique dans une région nettement plus forestière mais je ne le vois plus jamais. En revanche, le cétoine doré lui est bien présent.
    PS Pouvez-vous prendre note du changement de mon adresse mail. Dorénavant c’est uniquement celle ci-dessous qui restera valide

  4. Merci pour toutes ces illustrations. pour le régimes alimentaire des larves, à mon avis, se sont des saproxylophages puisque vous dites qu’ils s’alimentent sur le bois mort, et non des xylophages.
    Pour les premiers on les considère comme des auxiliaires, par contre les xylophages sont des ravageurs, puisque ils s’attaquent au bois vivant (arbres).

  5. Merci pour cet article et en effet , je n’ai pas croisé sous mon objectif la Trichie….
    je vais ouvrir l’œil dans les endroits où je piste les insectes….quand la saison sera venue.
    Continuez à nous régaler.
    Bonne chasse photos

  6. J’ai encore enrichi ma connaissance des insectes. Merci

  7. Bonjour Djamal,
    Merci pour cette page et tes magnifiques photos : généralement, les insectes très velus pollinisent. Ce petit scarabée est magnifique et s’il se déguise en hyménoptère, ce n’est que pour assurer sa survie face à ses prédateurs : la nature est bien faite !
    Bonne semaine, j’adore identifier ce qui se trouve autour de moi, et cet insecte a un nom facile à retenir.
    Brigitte DIDIER.

  8. Merci pour votre présentation, comme toujours agréable et instructive, de cette petite bestiole poilue.
    Depuis 2012 que je fais mes promenades je l’ai vue une fois dans Arbor&sens ,fin juin 2016.
    Si vous m’envoyez un mail je peux vous adresser sa photo (très jolie) par retour de courrier.Je ne suis pas du genre à envahir de mails les boites de mes correspondants.
    Je ne suis inscrite sur aucun réseau social.
    Bien cordialement.

  9. Malheureusement les critères pour séparer les différentes espèces de Trichius ne se basent pas sur la coloration élytrale comme on l’a parfois laisser croire. Trichius fasciatus et rosaceus peuvent avoir la même maculation élytrale. Les seuls critères fiables sont pour fasciatus les tibias médians avec une profonde échancrure au bord externe, limitée du côté basal par une forte saillie dentiforme. De plus les sternites du mâle sont en général dépourvus de squamules blanches et le pygidium de la femelle échancré à l’apex.
    Sur le terrain c’est parfois difficile à apprécier.
    En Alsace se trouve une 3ème espèce très localisée: Trichius sexualis, notamment dans le Bas Rhin, qu’on distinguera des 2 autres par l’abdomen du mâle avec des squamules blanches sur les 4 avant-derniers sternites et le bord postérieur du dernier sternite chez la femelle avec 2 incisions arrondies assez profonde.
    Pour terminer, Trichius rosaceus est appelée maintenant Trichius gallicus. C’est une espèce commune dans notre région dans les zones ouvertes, lisières, notamment sur les fleurs de ronces, d’Apiacées ou d’aubépines. Trichius fasciatus semble plus rare en Île de France.
    Bien Amicalement, Lionel

    • Merci pour ces précieuses informations de nature à préciser techniquement les différentes espèces en présence.
      Si vous me le permettez, je vais apporter quelques corrections à mon article.
      Au plaisir.

  10. Très belle présentation d’un joli petit petit scarabée que j’ai également eu la chance de voir (et de photographier) dans mon jardin alsacien…
    Bonne continuation à vous !

  11. Oui, je l’ai observé sur un rosier grimpant chez moi Je ne peux pas mettre de photo ?

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