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Morio Nymphalis antiopa

Papillon Morio (Nymphalis antiopa) – Manteau royal

Le Morio (Nymphalis antiopa) appelé aussi Manteau royal est un grand papillon de la famille des Nymphalidés. La dégradation des forêts alluviales amenuise les populations éparses de Morio en d’Île-de-France. Il fait partie hélas des espèces en danger dans la liste rouge régionale.

Le papillon Morio en détail

Grand papillon par la taille avec une envergure comprise entre 60 mm et 75 mm, ses capacités physiques lui autorisent un vol puissant. Ce papillon utilise cette mobilité pour effectuer des déplacements pouvant être assimilés à une migration. Dans l’état actuel des connaissances, il n’y a pas de règle sur la régularité de l’espèce dans la région. En effet, Nymphalis antiopa est irrégulier un peu partout en région parisienne. Cette migration n’est pas systématique. Elle dépend de nombreux facteurs cumulatifs comme la tenue du milieu fréquenté, la persistance du biotope et le morcellement des secteurs favorables.

 

Si je devais vous faire une description du Morio, je vous dirais que cette Vanesse est magnifique. Le dessus est couleur lie de vin, un peu bordeaux. Ce qui a probablement donné le surnom de Manteau royal à ce papillon. Une frange jaune borde les ailes où est collée une série de taches bleues cerclées de noires.

Morio Nymphalis antiopa - Manteau royal
Manteau royal

La pause hivernale

Comme le Citron, le Morio hiverne plusieurs mois et reprend son vol lorsque les températures le permettent. Le plus souvent, cette période d’apparition se situe aux mêmes dates que la Grande Tortue. À y regarder, sa durée de vie avoisine les 9 à 10 mois, pas mal n’est-ce pas !

Les plantes hôtes

Quand on parle de plantes hôtes, il s’agit des plantes sur lequel la femelle pond ses œufs. Autrement dit, il y a une recherche ciblée de certaines espèces végétales. Nymphalis antiopa déposera ses œufs sur les saules et les bouleaux principalement, mais aussi sur les trembles et les ormes.

La femelle choisit un rameau fin et colle ses œufs tout autour en seul tenant couvrant plusieurs centimètres de branche ou en de petites « bagues » si elle décide de disperser sa ponte sur plusieurs plantes.

La chenille

La photo ci-dessous représente une chenille au dernier stade. Elle est noire avec piquants. Une sorte de duvet blanc habille la chenille tout du long. Une série de taches rouge orne tout le sommet. Mais à la naissance, les larves forment une colonie abritée d’une sorte de cocon les protégeant des intempéries extérieures. Au fur et à mesure de leur croissance qui passera par 5 stades, la taille des chenillettes augmentera pour arriver à maturité. Dans la mesure où le nid ne sera pas prédaté ou parasité, une centaine de chenilles parviendront au dernier stade avant métamorphose.

chenille de Morio

De quoi se nourrit le Morio ?

Les avis divergent sur l’éventail de nourriture que le papillon Morio utilise. Certains pensent qu’ils recherchent pour leur alimentation, le suintement des troncs, la sève des arbres ou des fruits mûrs principalement. En faisant des recherches sur internet, j’ai observé plusieurs photos du papillon posé sur une fleur, trompe aspirant le nectar. Donc, je pense que selon les ressources à disposition lors de ses déplacements, ce papillon de jour s’adaptera à son environnement pour se nourrir.

papillon Morio (Nymphalis antiopa)
Nymphalis antiopa

Une question de survie

À travers cette question de la survie, j’attire votre attention sur l’extrême rareté de ce papillon, un peu partout. Ayant passé des milliers d’heures dans la nature à observer et à rechercher les papillons diurnes, je n’ai vu que 2 fois dans ma vie ce magnifique insecte.

Quelles causes peuvent expliquer sa rareté régionale ?

Dans un ordre dispersé, je peux citer la modification ou la destruction de son biotope de prédilection, les zones humides. Les conditions climatiques brutales et anormales relevées depuis plusieurs décennies. Les pesticides répandus un peu partout qui affectent non seulement cette espèce, mais aussi toutes les autres. Ajoutons à cette liste, la prédation naturelle des oiseaux, des araignées avec leur toile. Et pour finir, le parasitage qui dans une colonie de chenilles est capable de décimer plus des trois quarts des larves. En bonus, la circulation routière ajoute aux plaies existantes que subissent ces Nymphalidés.

Donc, le jour où vous pourrez observer ce beau papillon dans la nature, pensez aux difficultés que cet insecte a rencontrées pour accomplir tous les cycles qui l’ont conduit jusqu’à vous. Sa simple présence justifie que l’on prenne soin de son environnement, mais aussi du nôtre puisque nous vivons sur la même terre.

 

12 commentaires
  1. Le Morio est aperçu épisodiquement en Île-de-France mais reste extrêmement rare.
    Mes photos n’ont pas été réalisé sur Fontainebleau.
    C’est à l’occasion de cette rencontre avec ce papillon que j’ai décidé d’en parler sachant que tous les ans, il y a au moins une observation sur la région de Fontainebleau.
    Cdlt

  2. Pour moi, c’est une très bonne surprise que vous ayez quand-même pu rencontrer ce papillon en Île de France. En ce qui concerne ma modeste expérience personnelle, dans les années 1950-60 où les insectes étaient beaucoup plus nombreux qu’actuellement, je n’en ai vu un qu’une seule fois posé sur le tronc d’une orme dans le marais vendéen. Plus tard, j’en ai observé une deuxième fois au moins trois simultanément les uns près des autres, dans la vallée d’Oueil près de Luchon.

  3. Avec Plaisir Denise, ces quelques photos sont là pour nous rappeler que la nature est fragile mais aussi très belle !

  4. je connais depuis longtemps ce beau papillon que j’ai vu assez souvent mais qui malheureusement comme beaucoup se raréfie. Il est présent en Allier dans la forêt des Colettes mais maintenant je suis âgée et je me déplace difficilement. merci de m’en avoir parlé.

  5. Le Morio est rare et semble bien plus présent dans les zones montagneuses.
    Mais il se montre quand même en de rares occasions.Alors avec un peu de chance…
    Merci Nathalie.

  6. Bonjour Djamal, très instructif j’aimerais tellement le renconter pour le photographier. Merci pour tes si belles images et le texte qui nous apprend plein de choses. Bonne journée Nathalie

  7. Hello Brigitte,
    Non, il n’y a aucune différence entre le mâle et la femelle.
    Bizzz

  8. Bonjour Djamal
    Merci pour ton article et les photos superbes.
    Ce papillon est une découverte, car jamais rencontré. Il y a peut être un dimorphisme sexuel, non ?
    Bon dimanche !
    Bisous.
    Brigitte

  9. Merci Claire !
    Vous pouvez d’ors et déjà cliquer sur la catégorie « Insectes » pour lire les 76 articles qui leur sont consacrés.

  10. Je suis ravi que mon travail te plaise Marie France!

  11. Très instructif !
    Je serais contente d’avoir plus explication sur d’autres espèces d’insecte.

  12. il est vraiment beau et sa chenille est tout aussi belle !
    jamais vu bien sur , donc merci pour tous tes merveilleux partages

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