Petit gravelot (Charadrius dubius)

Petit gravelot (Charadrius dubius) le limicole migrateur

Le Petit Gravelot (Charadrius dubius) est un petit limicole discret qui à l’occasion des mouvements migratoires se montre sur les rives des plans d’eau de Seine-et-Marne. En Île-de-France, cet oiseau de la famille des Charadriidae est à la fois migrateur et nicheur. Mais voyons ce qu’il en est vraiment !

Description

Le Petit Gravelot est à peine plus grand qu’un merle, mais haut sur pattes. Il mesure 17 cm de long pour un poids avoisinant les 40 g. Son plumage est basé sur 3 couleurs, le blanc, le brun clair et le noir. Le cou, le poitrail, le ventre sont blancs tandis que les ailes et le dos sont bruns.

Petit gravelot mâle en parade et femelle (Charadrius dubius)
Mâle et femelle

Au-dessus de la caroncule nasale, une tache blanche se détache sur fond noir. Le masque sombre lui couvre les joues. Un large collier noir fait le tour du cou. L’œil noir est cerclé de jaune. Le bec légèrement recourbé vers le bas est noir. Les longues pattes sont grises à orangés. D’ailleurs, il existe très peu de différences distinctives entre le mâle et la femelle comme vous pouvez l’observer sur la photo ci-dessus.

 

Un détail sur leur morphologie m’a étonné. Sa petite taille ne laisse pas paraître la longueur de ses ailes. Son envergure est comprise entre 42 et 48 cm. Étonnant pour un petit limicole de 17 cm ! Cette caractéristique lui permet un vol rapide et énergique qu’il utilise pour les parades nuptiales ou pour la migration.

Habitat

Ce limicole des gravières ne niche pas en forêt de Fontainebleau à ce jour. Il fréquente les berges sablonneuses de carrières, de sablières, de rivières pour sa recherche de nourriture et pour la reproduction. Il est également présent dans les estuaires.

Régime alimentaire

Étant un oiseau de rivage, il recherche donc sa nourriture dans ce type de milieu. Je l’ai souvent vu tapoter du pied dans quelques centimètres d’eau pour faire sortir des crustacés. Sur les berges, il consomme les vers, les larves, les crustacés, les mollusques et les insectes.

Reproduction

De retour sur son aire de reproduction, les mâles recherchent une femelle. Quand il l’a trouvé, commence une parade au-dessus de l’eau pour montrer ses capacités physiques à défendre son territoire. Ensuite, c’est au sol que comment une série de mouvements et d’attitudes visant à séduire son éventuel partenaire. Le mâle gonfle les plumes de son poitrail et prend du volume. Il fait des révérences et s’agite. Lorsque la femelle est consentante, l’accouplement a lieu et la nidification pourra débuter.

Le Petit Gravelot ne construit pas de nid. Il compte sur la couleur mimétique de ses œufs pour assurer leur protection. Là où il y a du gravier, des galets, du sable, il creuse une petite dépression. Là, la femelle y dépose 3 ou 4 œufs qu’elle couvera un peu plus de 3 semaines. Les poussins seront nourris par les parents durant une vingtaine de jours.

Petit gravelot juvénile (Charadrius dubius)
Petit gravelot juvénile

Une fois en âge de suivre les adultes hors du nid, on voit des oisillons ayant le corps recouvert de duvet. Leurs longues pattes et leur petit corps ressemblent à un jouet pour enfant ! Mais en grandissant, leur taille se rapprochera de celle des parents. Le plumage d’un oiseau immature est celui que vous voyez sur la photo ci-dessus.

Migration et hivernage

Ces 40 grammes de courage font un long périple pour hiverner. La majorité d’entre eux se rendent en Afrique subsaharienne et au-delà. Ils émaillent leur parcours par quelques étapes comme la Camargue ou d’autres milieux humides plus au sud encore. Ils quittent la France entre août et septembre pour revenir au début du printemps.

Quand voir cet oiseau en forêt de Fontainebleau ?

Généralement, les passages migratoires du Petit Gravelot se font en avril et en septembre, certains jours sur les grands plans d’eau du massif. Cela correspond aux migrations prénuptiales et postnuptiales. Cependant, rien n’est moins sûr, car il faut un peu de chance pour être présent en même temps qu’eux.

Petit gravelot en vol
Petit gravelot en vol

 

Le statut de l’espèce en Île-de-France

Il y a quelques années (2009-2014), l’atlas des oiseaux nicheurs de la région parisienne signalait environ 150 couples reproducteurs. La plus grande préoccupation du maintien de l’espèce en Île-de-France tient surtout à son habitat et aux dérangements des sites de reproduction. Cette situation lui vaut d’être classé parmi les espèces « vulnérables ».

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