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Le Vulcain - Vanessa atalanta

Le Vulcain (Vanessa Atlanta) – Papillon migrateur au long cours

Le Vulcain (Vanessa Atlanta) est un cas d’espèce dans la fratrie des papillons diurnes. Ce nymphalidé fait partie des migrateurs qui arrivent au printemps et qui nous quittent à la fin de l’été. Que se passe-t-il entre ces deux périodes ? D’où vient ce papillon migrateur et où part-il ? Voilà quelques questions que je vais aborder dans la suite de l’article…

La migration de printemps

Les papillons arrivent d’Afrique du Nord où ils ont entamé leur départ. Ils traversent le détroit de Gibraltar avec les vents dominants qui les porteront vers le nord. Arrivés dans le sud de L’Espagne, deux couloirs s’offrent aux papillons. Ils remonteront les terres espagnoles, soit sur la côte est, soit sur la côte ouest. Ensuite, chaque groupe empruntera un couloir distinct. Pour schématiser le parcours, une partie des insectes longera la côte atlantique pour rejoindre les iles Britanniques. Les autres papillons s’envoleront en direction de la vallée du Rhône via la côte méditerranéenne. Ceux qui voyageront sur cette route migratoire, remonteront jusqu’à la vallée de la Saône et se dissémineront au fur et à mesure sur tout le territoire français. Les plus courageux pousseront vers le nord de l’Europe, traversant l’Allemagne à destination des pays nordiques.

LE SAVIEZ-VOUS ? Dès la fin février, les premiers vulcains atteignent le sud de la France.

 

Le Vulcain - Papillon migrateur
Le Vulcain – Papillon migrateur

La vie du Vulcain en forêt de Fontainebleau

La génération du printemps prend ses quartiers courant mars sur le massif forestier. Le moindre rayon de soleil permet au Vulcain de reprendre des forces. Pensez donc, ce petit insecte vient de parcourir plus de 2000 kilomètres, affrontant les prédateurs, le froid, la fatigue. Il est là sur un poteau, ailes grandes ouvertes à recharger ses batteries. Après le repos, les individus arrivés chercheront un partenaire pour l’accouplement. La ponte des œufs se fera la plupart du temps sur des orties dioïques. La femelle choisira avec soin les plantes hôtes pour maximiser la croissance des chenilles.

Les petites chenilles grandissent séparément. Elles ne vivent pas en colonie. Les papillons qui auront accompli le cycle de la chrysalide pendant la période printemps/été viendront grossir les individus candidats au départ pour le vol retour. Mais dans toute règle, il y a des exceptions et cela est vrai pour le Vulcain. Il arrive que la métamorphose du papillon se fasse tardivement dans la saison poussant le vulcain à chercher une cachette pour hiverner sous nos latitudes. Tout comme il arrive que des chrysalides passent l’hiver à l’état nymphal. La nature étant très bien faite, je suppose que ce ‘mécanisme’ se met en place pour assurer à l’espèce un nouveau départ pour la saison suivante, comme une garantie, au cas où !

En forêt de Fontainebleau, le Vulcain cherchera des plants d’orties, de houblons, de pariétaires. Pendant la floraison du buddleia (plante invasive), le vulcain, appelé aussi Vanessa Atlanta, se pose volontiers dessus pour aspirer le nectar. À la fin de l’été, ces lépidoptères recherchent les fruits murs pour aspirer les sucs qui leur donneront l’énergie pour le vol migratoire.

Mâle et femelle n’offrent pas de dimorphisme sexuel. Ils ont les mêmes couleurs d’ailes postérieures et antérieures. La seule distinction visible est la taille de l’abdomen de la femelle, un peu plus rebondi. Quand l’occasion vous sera donnée, voyez quelle impression de vitesse et de puissance dégage le vol du vulcain…

 

Vulcain sur buddleia
Vulcain sur buddleia

La migration post-nuptiale

La fin de l’été est là, les vulcains commencent à devenir de moins en moins présents en forêt de Fontainebleau. Un nouveau cycle se met en place. De longues journées de voyages vont commencer, conduisant les insectes sur les côtes espagnoles en direction du sud. Un grand nombre de papillons sont parfois observés par des naturalistes, sur les cotes, donnant à voir un spectacle d’une rare de beauté. Ainsi, ce papillon de deuxième génération retournera en Afrique du Nord pour pondre afin d’assurer la continuité du cycle. La boucle sera bouclée !!!

 

Gros plan du papillon Vulcain
Gros plan du papillon Vulcain

Mystères à éclaircir

Ce que nous connaissons de la migration du Vulcain est récent. Il reste un tas de choses que nous ignorons sur cet insecte. Voici une liste de questions qui est toujours à l’étude.

  • Pourquoi le Vulcain migre-t-il ?
  • Combien d’heures de vol journalier réalise le vulcain ?
  • À quelle vitesse se déplace-t-il ?
  • Fait-il des vols de nuit ?
  • Quel signal déclenche la migration ?

Voilà des sujets d’étude pour les années à venir.

Épilogue

Amoureux de la nature, quand vous serez arrivé à ce point de l’article, il y a une chose qui me ferait plaisir ! La prochaine fois que vous approcherez le Vulcain, repensez à tous les efforts qu’il a faits pour se présenter devant vous. Ces quelques grammes ont affronté mille tourments pour s’offrir à nous. Quand je réfléchis à ceci, je suis rempli de respect pour cette nature généreuse qui nous donne sans compter. Le Vulcain étant plus ou moins abondant selon les années, sachez profiter de sa présence.

Si vous avez un grand terrain à la campagne (ou ailleurs), pourquoi ne pas laisser pousser l’ortie pour lui donner une chance de se reproduire à l’abri des pesticides. Vous ferez une bonne action !!! Vous participerez au cycle de la vie et la nature vous le rendra…

Je vous propose un lien très intéressant sur la migration du Vulcain (source Antoine Lévêque INRA).

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9 commentaires
  1. Super ! Je ne savais pas que le Vulcain était migrateur !
    De temps en temps en été en ville, prêt du bois de Vincennes on en voit !!
    Les orties et autres plantes nourricières sont donc aussi abondantes en Afrique du nord ?!!
    Merci pour ces beau articles !
    😉

    • Merci Bastoche pour ton commentaire !!! Pour répondre à ta question, l’ortie est moins fréquente en Afrique du Nord. Mais le Vulcain ne se contente pas de cette plante pour pondre. Les Pariétaires sont aussi des plantes hôtes pour les chenilles. Cette dernière n’est pas la seule, il y en a d’autres…
      Je suis content de ton passage…
      @ Bientôt

  2. Merci pour ce commentaire intéressant! Je ne savais pas non plus que ce papillon était migrateur!
    La belle dame aussi est migratrice a t elle le même parcours??

  3. Je vis dans le Var et j’ai observé à plusieurs reprises en hiver par meteo ensoleillé et journée douce un Vulcain en vol en differents lieux….certains hivernent donc chez nous ??

    • Bonjour Françoise,
      Mes recherches sur le sujet montrait qu’il était dans le sud de la France dès la fin février. Mais avec les bouleversements climatiques, qui sait si le processus de migration est partiellement interrompu, voir perturbé !
      Plus au nord, il se montre quelques fois courant mars quand le temps s’y prête. C’est donc une affaire à suivre…
      Merci pour votre commentaire Françoise.
      Cordialement
      Djamal

  4. Un très bel article
    J’ignorais que les papillons migraient si loin, je pensais que leur vie ne durait qu’une saison

  5. Bonjour,
    ce 6 décembre (mais ils sont là depuis longtemps…), une demi-douzaine de vulcains (pas en très bon état, dommage pour leur beauté) se régalent sur les fleurs d’orangrs du Mexique, chez moi, dans les Pyrénées, à 600 m d’altitude, ils profitent du soleil des après-midi pour butiner. D’habitude je vois des paons de jour, mais ceux-là je n’avais jamais fait attention, de loin pensant que c’étaient des paons, c’est ce qui m’a frappé en m’approchant.
    Ma photo ici : http://images-du-pays-des-ours.eklablog.com, rubrique Images d’ici, Faune des Pyrénées
    Sont-ils de passage ? Mais comment feraient-ils pour franchir les montagnes qui, un peu plus loin, pour passer en Espagne, dépassent les 2000 m ou les approchent dans les cols.

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