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Oie bernache du Canada - Oie sauvage

Oie bernache du Canada – Oie sauvage invasive ?

L’oie bernache du Canada (Branta canadensis) est l’oiseau aquatique en expansion partout en Europe. La Seine-et-Marne n’échappe pas à l’augmentation des effectifs de ces oies sauvages. Imposant pas la taille, ce palmipède herbivore est passé d’oiseau d’agrément à espèce invasive ou tout du moins, espèce à surveiller.

Description

Cette oie sauvage fait partie après le cygne tuberculé des plus gros oiseaux de notre avifaune. Avec un poids compris entre 3,5 et 5 kilos en moyenne, sa taille et sa morphologie sont identifiables à coup sûr. Avec une hauteur sur pattes de 70 à 85 cm, la bernache du Canada ne passe pas inaperçue. Son plumage brun contraste avec un poitrail blanc. Son cou noir est marqué par des joues blanches. Son bec rond est noir. Enfin son envergure oscille entre 1,30 m et 1,80 m. Comme souvent les grands oiseaux, sa longévité est estimée à une vingtaine d’années. Mâle et femelle sont identiques, rien ne les distingue au niveau du plumage.

 

 

Reproduction

Le couple se forme vers l’âge de 3 ou 4 ans lors que les oiseaux sont aptes à se reproduire. Le mâle et la femelle bernache sont unis pour la vie. Une couvaison annuelle est assurée par les parents. Le nid fait de branchette peut aussi bien être réalisé sur une berge que sur un îlot au milieu d’un étang. La ponte est composée de 3 à 7 œufs blancs couvés autour de 4 semaines. Les adultes nourrissent les poussins durant 2 mois et demi jusqu’à leur autonomie.

 

Poussins d'oie bernache du Canada
Poussins d’oie bernache du Canada

 

Nourriture – Régime alimentaire

L’oie bernache est herbivore. Comme végétarienne, elle s’alimente principalement de fruits, de graminées (des herbes sauvages), de céréales et de végétaux aquatiques. C’est la raison pour laquelle, il est fréquent de voir une formation d’oies sauvages s’arrêter dans les plaines cultivées pour se nourrir. Cette facilité à trouver sa nourriture et le peu de prédateurs naturels expliquent en partie l’installation un peu partout de cette espèce.

 

Oie bernache avec des graminées dans le bec
Oie bernache avec des graminées dans le bec

 

Cris de l’oie bernache du Canada

Comme toutes les oies sauvages, on ne peut pas dire que le cri ou chant de ce palmipède de la famille des Anatidae soit très gracieux. Leurs cris relèvent plus du clairon que de la douce musique d’un rossignol. Enfin, vous allez pouvoir vous faire une idée en regardant et en écoutant cette vidéo.

 

Origine installation de l’oie bernache en France

Tout d’abord, précisons que cet oiseau des marais n’est pas arrivé seul de son Amérique natale. L’oie bernache a été introduite en Europe (Angleterre) au XVII siècle. Il faudra attendre les années 60 et 70 pour commencer à trouver de petites populations issues de particuliers. Ces introductions des oies bernaches comme oiseaux d’ornement dans le nord de la France, en Ile de France et en Auvergne ont créée des colonies à partir duquel se propagent les rejetons.

Alors bien sûr, il ne s’agit pas au sens propre d’une espèce invasive puisque l’homme est à l’origine de cet état de fait. Cependant, leur reproduction facile, leur instinct grégaire et leur mobilité permettent une dispersion dans pas mal de régions de France. Le sens de la propagation semble être du nord vers le sud. En fait, la plupart des biotopes leur conviennent à partir du moment où l’eau n’est pas loin.

Conséquences sanitaires

Les oies sont de gros oiseaux. Par voie de conséquence, leurs déjections sont conséquentes. Celles-ci polluent l’eau et les berges. Les fientes dans l’eau rejettent des nutriments sous forme d’azote, ce qui crée des concentrations. Cet azote est assimilé par les végétaux qui ont une croissance rapide. On pourrait croire que cela est favorable à la vie aquatique. Or, ce cycle se déroule rapidement. Les végétaux consomment une part importante d’oxygène. Ils accomplissent leur cycle et meurt en quantité, se décomposent et réduisent ainsi la qualité de l’eau. Voilà, comment se dégrade l’écosystème aquatique. La faune et la flore locale pâtit alors de la surfréquentation d’oies bernaches sur certains bassins. L’ONCFS (Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage) indique que des algues toxiques peuvent se développer dans ces conditions.

Les bases de Loisirs ou Iles de loisirs (comme celle de Bois-le-Roi en Seine et Marne) sont des lieux de baignades. La présence de ces palmipèdes sauvages comporte aussi des risques pour la santé avec la transmission indirecte de maladies.

Espèce protégée ou nuisible ?

Dans l’état actuel des choses, l’oie bernache du Canada est interdite d’introduction sur le territoire français. Il y a eu retournement de situation puisqu’en 1981, un arrêté ministériel déclarait l’oiseau protégé. Vingt huit ans plus tard, en 2009, devant l’ampleur que prenait la colonisation de l’oiseau, le décret fut abrogé. Désormais, cette espèce exotique a été placée dans la liste des espèces nuisibles. Pour terminer, depuis 2016 dans le dernier arrêté, l’oie bernache est à nouveau confirmée comme espèce nuisible et chassable à ce titre.

 

 

État des populations d’oies bernaches en Ile de France

L’Ile de France est un bastion de l’espèce qui trouve des plans d’eau adéquats pour se reproduire. Les premières observations notées sont à mettre au crédit de la base de loisirs de Saint Quentin en Yvelines, il y a plusieurs dizaines d’années. Aujourd’hui, l’implantation de la bernache sur la grande couronne est réelle. Des vols en formations sont souvent observés le long de la Seine. De Melun (77) à Rueil-Malmaison (92), les oiseaux circulent.

Des études sur les populations d’oies bernaches en Ile de France et départements limitrophes ont été réalisés, il y a quelques années. Voici un fichier sur la gestion de la faune sauvage abordant cette thématique.

2 commentaires
  1. Intéressant article sur les oies bernaches du Canada qui font le bonheur des photographes malgré les dangers qu’elles sont susceptibles d’apporter sur notre territoire.

    Ces oiseaux sont cependant majestueux et agréables à regarder au fil de l’eau ou bien lors d’un envol.

    Difficile de considérer cette espèce comme « invasive » …

    Merci pour les belle photos.

    Cordialement.

    Dominique Ftr

  2. Tabernacle ! Voilà que nos chums les bernaches sont des espèces invasives et nuisibles !

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