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Renard roux - Vulpes vulpes

Renard roux (Vulpes vulpes) – Le cri du goupil dans la nuit

Le renard roux ou renard commun est un hôte discret de nos banlieues. Ici et là, son ombre se profile à la lueur d’un vieux lampadaire. Il attend la nuit tombée pour sortie de sa cachette et rechercher son repas. Si prêt et si loin de nous, nous en oublierions presque que maître goupil cristallise les peurs lors d’épisodes de rage.

Certains aimeraient le classer définitivement comme animal nuisible. Pourtant, il a bien sa place dans la chaine alimentaire. Dans ce contexte de méfiance ou d’ignorance, que devient le renard ? Où vit-il ? De quoi se nourrit-il ? Je vous dis tout maintenant.

Le renard et l’homme

De tout temps, la cohabitation a été tendue avec cet animal. Chassé pour sa fourrure ou accusé de piller le gibier des bois, l’homme s’est retourné contre ce canidé aux caractéristiques insoupçonnées. Pouvant être vecteur de maladies telles que la rage ou la leptospirose, il subit les affres curatives dont nous avons besoin de nous prémunir. C’est ainsi que pour la cueillette des mûres, par exemple, il est recommandé de respecter une collecte à partir d’une certaine hauteur. Le but étant d’éviter que les fruits ou baies cueillis ne contiennent aucune trace d’urine de renard.

La mise en place d’avertissements à destination des voyageurs ayant un animal de compagnie avec eux lors de déplacements à l’étranger est un avertissement visant à éviter l’introduction de cette maladie grave sur le territoire français.

À l’heure où j’écris cet article, la rage n’est pas présente en France. Ce qui veut dire que le renard n’est pas à considérer comme un nuisible à exterminer à tout prix. Cela n’empêche pas le piégeage dans tous les départements. L’obtention du droit à cette pratique peut se faire dès l’âge de 15 moyennant 16 heures de formation. À partir du moment où le préfet déclare une espèce nuisible, il y a une armée de volontaires « au service de la nature » pour faire gracieusement le sale boulot.

Voilà les amis, il suffit de déplacer une espèce d’une case à l’autre pour la retrouver dans la catégorie nuisible. C’est tellement facile de se plaindre pour tout et n’importe quoi. Alors que les lapins de garenne sont chassés un peu partout, des agriculteurs ont réussi à les faire passer comme nuisible pour leur culture. Dans ce cas, il passe de statut de gibier à nuisible. Ces exemples illustrent simplement la précarité de la vie du renard.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Le renard a une espérance de vie comprise entre 2 et 3 ans.

Quid de la Seine et Marne

C’est par un arrêté ministériel triennal, que le renard peut se retrouver sur la liste des nuisibles pouvant être piégé à tous moment de l’année en Seine et Marne, au même titre que la belette, la fouine, la martre, le putois, le corbeau freux, la corneille noire, la pie bavarde, le geai et l’étourneau. Mais heureusement, sur l’arrêté préfectoral 2015-2016 des animaux nuisibles du département (77), le renard n’y est pas !

L’homme est capable d’exploits technologiques incroyables, mais est incapable de dépasser ses propres intérêts égoïstes. Alors que plutôt que de réfléchir à une solution globale et pérenne, on préfère balayer la gène à coups de décrets, quitte à déséquilibrer la chaîne alimentaire. J’entends déjà des voix se plaindre d’une surpopulation de rongeurs…

Maître goupil en forêt de Fontainebleau

En milieu forestier, Vulpes vulpes a besoin de tranquillité pour mener sa vie. Hors période de reproduction, il dort à la belle étoile. La plupart du temps, il se cachera dans les hautes herbes ou sous un buisson pour se reposer. Lors de la période de reproduction, le couple recherche un terrier pour élever les renardeaux. Ils peuvent s’accommoder d’anciens trous de lapins ou de blaireaux. En de rares occasions, des zones de rochers peuvent faire l’affaire.

Dans les zones de tranquillité, il est possible de le voir déambuler. En ce qui me concerne, les observations sont rares. Voilà plusieurs années que je n’ai pas vu de jour le renard roux en forêt de Fontainebleau. Je ne fréquente probablement pas les bons endroits, car il y en a encore. Le massif bellifontain contient suffisamment de proies telles que les micros mammifères (mulot, campagnols, souris,etc.) pour permettre son maintien.

Les communes en périphérie du massif forestier offrent l’occasion à cet omnivore de sortir du bois. Je me suis aperçu qu’à la tombée de nuit, les renards cachés dans des friches commençaient à faire leur petit tour. Je pense que ce n’est pas forcément pour faire les poubelles qui sont hautes, couvertes et lourdes. Les jardins peuvent accueillir des rongeurs et avoir des bassins d’agréments. Certains ont des batraciens comme des grenouilles et des tritons. Ces animaux font partie du régime alimentaire de notre maître goupil.

Le grand défi pour ces canidés est la circulation routière en forêt de Fontainebleau, notamment pour les renardeaux. Chaque année, je déplore les dépouilles d’animaux percutés par les automobilistes. D’après mes recherches, 80 % des jeunes ne dépassent pas la première année. Triste constat quand on sait que si les populations de renards sont bonnes, c’est tout l’écosystème qui en profite.

Description

Sa fourrure est rousse sur le dessus et blanche sur le dessous. Les couleurs peuvent varier d’un individu à l’autre. D’ailleurs, je ne vous cache pas avoir été surpris en découvrant que cet animal avec une fiche signalétique complexe. Par exemple, le poids selon la saison et l’âge de l’individu, le sexe ou son lieu de résidence peut aller de 2,5 kg à 14 kg. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de l’écart que cela représente. La littérature animalière évoque un poids médian de l’ordre de 7 kilos.

Renard roux - Vulpes vulpes

La particularité principale pour moi est sa pupille verticale qui lui donne un regard intriguant. La couleur de ses yeux couvre des teintes allant d’ambre à vert. Il voit la nuit comme un chat forestier. La densité de son squelette est 30 % plus légère qu’un autre animal de même corpulence. Cet avantage lui confère un avantage lors des courses poursuites.

LE SAVIEZ-VOUS ?

L’ouïe du renard couvre les fréquences de 3,5 kHz à 65 kHz.

Période de reproduction

Habituellement solitaire le reste de l’année, le mâle se met à la recherche d’une femelle au début de l’hiver. Le rut aura lieu entre la mi-janvier et la mi-février. Durant cette période, ils poussent des cris distincts pour se signaler l’un à l’autre.

Ces sons émis par les adultes s’appellent des glapissements.  Les renardeaux seront mis au monde durant le mois de mai en forêt de Fontainebleau. D’autres périodes sont évoquées pour la mise bas. On peut lire que cela peut avoir lieu entre mars et mai. Mes observations ont toujours été faites au mois de mai !

Crédit photo : Pixabay

2 commentaires
  1. Superbe article, riche en informations. Merci beaucoup.

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