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Ragondin - Myocastor coypu

Ragondin ou Myocastor – Le rongeur de trop ?

Le ragondin est un gros rongeur habitué des milieux aquatiques. À ne pas confondre avec le rat musqué, qui lui est beaucoup plus petit, le myocastor coypus est omniprésent partout en France. En forêt de Fontainebleau, on le trouve sur les étangs d’anciennes gravières et sur les berges de la Seine.

Considérées comme une espèce envahissante, ses populations ne cessent de croitre, au point de ne plus savoir quoi en faire aujourd’hui. Faut-il le chasser ? Voilà un débat qui remue les associations depuis plusieurs années.

Que sait-on du ragondin ?

D’où vient ce mammifère de la famille des Myocastoridae ? Historiquement, le ragondin est originaire d’Amérique du Sud. Il a été importé en Europe au début du XXe siècle pour sa fourrure et sa viande. Des élevages ont favorisé leur multiplication.

À la fin des années 20, la faillite de ces entreprises a eu pour conséquence l’abandon des rongeurs dans la nature. Encore une fois, l’homme est responsable de l’invasion de cette espèce presque partout.

Ragondin - Rongeur de la forêt de Fontainebleau

Description du myocastor

On peut parfois confondre le ragondin avec le castor par la similitude de morphologie. D’un poids compris entre 5 et 9 kilos pour une longueur moyenne de 50 cm, le ragondin est doté d’incisives orange de bonne taille. Son anatomie suggère son aptitude au déplacement dans l’eau.

Il est doté de grandes pattes arrière palmées. Ses narines, ses yeux, ses oreilles sont au-dessus de la ligne de flottaison lorsqu’il nage. Excellent plongeur, il est capable d’apnée de courte durée. Autre différence avec le castor, c’est sa queue ronde qui peut mesurer 45 cm.

Ragondin - Myocastor coypus - Mammifère de la forêt de Fontainebleau

Régime alimentaire du ragondin

Notre costaud est exclusivement végétarien. Il se nourrit de végétaux aquatiques lorsque le biotope le permet. Sinon, il n’hésite pas à sortir de l’eau pour rejoindre des zones cultivées pour se nourrir de céréales. Cette capacité d’adaptation ne plaît pas aux cultivateurs qui voient en lui un nuisible et un possible vecteur de maladie comme la leptospirose transmise à partir des dépôts d’urine.

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Ce que l’on reproche aux ragondins ?

N’ayant pas de prédateurs naturels, ils dérèglent les écosystèmes qu’ils fréquentent. Leur multiplication rapide est dévastatrice pour plusieurs raisons. Ils font des coupes rases des végétaux aquatiques, privant la faune locale de caches et de zones de reproductions.

Ils creusent de longs tunnels dans les berges qui mènent aux chambres de repos. Ils fragilisent donc le maintien des berges et la fixation des arbres et autres plantes. Dans certaines régions, n’étant pas chassés, ils peuvent conquérir de nouveaux territoires. Leur colonisation permanente est une bombe écologique à retardement.

Il y a quelques années, j’ai vu un ragondin à plus de 8 km de la Seine. Il était dans un champ près d’une mare. Pour arriver si loin, ces rongeurs remontent les petits Ru qui se jettent dans la Seine et parviennent de cette manière à rejoindre des mares forestières, loin de tout. Quelle sera la prochaine étape à cette progression ?

À côté de ces griefs, ce mammifère n’est pas agressif malgré sa taille. Il m’est arrivé de me tenir à quelques centimètres d’individus sauvages sans signe visible d’irascibilité. Il n’en demeure pas moins qu’à un moment donné, il va falloir se poser la question de savoir de ce que l’on fait des espèces envahissantes. Tel est un des enjeux des années avenir !

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