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Sphinx colibri - Papillon - Moro Sphinx

Le Moro-sphinx – Sphinx colibri (Macroglossum Stellatarum)

Le Moro-Sphinx (Macroglossum Stellatarum) appelé aussi Sphinx Colibri est un papillon diurne spécial. Il fait partie de ces insectes qui butinent les fleurs sans se poser. Ce sphinx migrateur est un concentré d’énergie. Il vient se montrer l’été pour notre plus grand bonheur. Comme cet hyperactif n’est pas facile à observer, j’ai pris mon temps pour le photographier et vous le montrer. Vous voulez savoir pourquoi ? Alors regardons cela ensemble.

Description du Moro-Sphinx

Ce papillon de la famille des Sphingidés est un des plus petits représentants de la famille. En Île de France et en forêt de Fontainebleau (Seine et Marne), il n’est pas rare de le voir voler. Si on s’arrête pour l’observer, on découvre un papillon à la teinte marron gris avec les ailes postérieures de couleur orange. L’extrémité de son abdomen est noir. Des pinceaux de poils noirs et blancs forment un arrondi qui à la manière d’un gouvernail lui permet de faciliter ses déplacements aériens.

D’une envergure de 4 à 5 cm, sa fréquence de battements d’ailes est telle qu’il peut s’immobiliser devant une fleur, dérouler sa trompe de 3 cm et aspirer le nectar. Sa dépense d’énergie est importante. Ce qui l’oblige à rechercher des plantes nectarifères pour recharger les batteries.

Particularités du Sphinx Colibri

On l’appelle Sphinx Colibri à cause de la similarité existante entre l’oiseau et le papillon. Tous les deux ont une fréquence de battement d’ailes hallucinante. Pour réaliser le vol stationnaire devant une vipérine ou une centaurée, notre papillon doit pouvoir actionner ses ailes entre 50 et 80 fois par secondes. Heureusement que le Sphinx Colibri est doté d’une musculature puissante.

Une autre particularité du papillon colibri est qu’il est migrateur sous nos latitudes. Selon la température de la saison (souvent l’été pour nous), il apparaît devant les pots de fleurs et butine les pétunias, les phlox, les géraniums. Dans les jardins d’agrément, il ira volontiers vers le buddleia. Mais dans la nature, il fréquentera les vipérines, les gaillets, l’origan, etc… Mais revenons à la migration ! Il arrive en Seine et Marne entre Juin et Août (période variable en fonction du type de saison, humide ou froide).

Il y a plusieurs années, j’ai planté dans mon jardin du gaillet blanc. J’ai eu la chance d’accueillir le Moro-sphinx de nombreuses fois. J’ai observé des pontes, surveillé la croissance des chenilles mais je n’ai jamais vu d’envol. Et c’est la grande question qui se pose ! Est ce que la chrysalide du Sphinx Colibri survit à l’hiver ? Puis est ce que les adultes redescendent avant l’automne ?

De mon point de vue, la chrysalide ne passe pas l’hiver. Si c’était le cas, je verrais beaucoup plus tôt dans la saison ces papillons. Hors là, rien avant l’été ! Et pour répondre à la seconde question, je crois qu’après la ponte les femelles épuisées meurent. Toujours est-il que cet insecte aime la chaleur et ne peut voler qu’aux heures les plus chaudes de la journée. Alors, je vous laisse tirer la conclusion…

Informations complémentaires

Toutes les photos de Moro-Sphinx de cet article ont été réalisés dans mon petit jardin. J’entretiens un carré de verdure en laissant un peu d’herbes folles. En plantant une racine de gaillet blanc, j’espérais bien un jour voir s’intéresser Madame Moro-Sphinx à ma culture. J’ai été comblé plusieurs années de suite. L’année 2014 a été sans ponte. J’ai aperçu 2 fois ce magnifique papillon au mois de septembre seulement. Cette espèce de sphinx a tendance à se raréfier. Les changements climatiques, les pesticides et autres interventions humaines y sont pour quelque chose.

Si vous avez de la place dans votre jardin et que l’observation des papillons vous intéresse, n’hésitez pas à le modifier. Ne mettez pas de produits chimiques, la nature vous le rendra. Vous verrez se transformer votre domaine en sanctuaire de la nature.

C’est tout ce que je vous souhaite !!!

Si vous vous intéressez à l’éthymologie du nom Moro-Sphinx, je vous renvoie vers ce lien.

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2 commentaires
  1. Intéressant, complet, passionnant, bravo Djamal pour ce travail remarquable et sérieux ! Nous avons les mêmes pensées et objectifs, offrir à la nature un coin de notre jardin où les habitants visiteurs trouveront repos et la table bio à leur disposition, et ainsi, ils nous permettront de les découvrir avec un oeil toujours émerveillé… d’observateur tranquille et inoffensif,… complètement curieux et amoureux de ce qu’il partage, et de l’instant présent… ! Merci Djamal, pour tes images, tes textes d’une belle écriture, sans faute, construits, intelligents, à la démarche scientifique, (descriptions et moeurs précises), ta vision de la nature… et la présentation de ton blog… : j’adore ! C’est pour tout cela que je t’ai demandé en ami. Merci d’avoir accepté ! (75 espèces à ce jour dans mes 42 m²… de jardin un biotope sans chimie… biotope qui se complète… et se protège… en conviant les insectes, reptiles, et araignées utiles pour dévorer la vermine des cochenilles, pucerons, thrips, moustiques, punaises et autres parasites… , et je ne compte pas en rester là question quantité d’espèces végétales ! :lol Ton sphinx ne s’enterrerait-il pas comme le font les larves des cigales pour passer l’hiver, durant des années, … avant qu’elles ne deviennent l’adulte que nous connaissons tous, et chantant tout l’été pour une saison ? C’est une question… je sais qu’il y a des papillons qui migrent du nord au sud de l’Amérique… et ce chaque année : étonnant de savoir que ces un ou deux grammes de vie luttent contre les intempéries dévastatrices pour rejoindre, d’un point à l’autre du continent, les espèces qu’ils pollinisent… ! Pour moi, la Nature est un émerveillement permanent et cela me rend profondément heureuse de pouvoir la contempler et la comprendre… mais le sujet est si vaste que toute une vie, fusse-t-elle d’études, n’y suffirait pas… nous en sommes encore qu’aux débuts des connaissances ! Quel plaisir l’observation durant tout l’été des bals de guêpes, abeilles, oui, même en ville, bourdons, coccinelles, et papillons venus butiner et polliniser les fleurs mises à leurs dispositions…, et des tourterelles quémandant leurs pitances avec assiduité, puisque je ne les nourris que lorsqu’il fait froid… et qu’elles avaient des céréales à leur disposition sur pieds, mais qu’il fallait se servir… et non se faire servir : non mais … ! En plus des effluves parfumées qui, avec bonheur, embaumaient dans la soirée ! Bonne continuation, et bonnes photos à toi !!! Bises… MERCI :p2 :p7 😉

  2. Bonjour cette année j’ai pu observé dans mon jardin ce magnifique insecte pour la 1ère fois. Il faut dire que j’habite dans le pas de calais , j’étais très surpris et amusée

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